Vince Staples – ‘Hell Can Wait’

EP/ Def Jam / 09.10/2014
Hip hop

A l’heure des innombrables listes de fin d’année, on reviendra avec insistance sur ce petit EP qui, du haut de ses sept titres, aura tenu la dragée haute à d’autres sorties plus clinquantes. Car derrière cet humble projet, défendu par une affirmation prétentieuse, se cache en fait l’un des tout jeunes espoirs du hip hop californien: Vince Staples, jeune rappeur originaire de Long Beach, membre du groupe Cutthroat Boyz aux côtés de Joey Fatts et Aston Matthews, et un temps collaborateur de Odd Future, comme de Mac Miller sur sa mixtape ‘Stolen Youth’. Au delà de ces points de repère qui lui font passer toutes les épreuves du cool, se cache en vérité une tête bien faite qui, avec ‘Hell Can Wait’ (sa première sortie pour Def Jam), franchit définitivement un palier.

Anxiogènes, dépouillés, les sept morceaux sonnent ici comme s’ils avaient été enregistré au plus près des barricades, dans un état de tension permanent ou sirènes, basses poisseuses, et synthés distordus forment un univers au sein duquel notre rappeur peut s’épanouir librement. Encadré par No.ID, et au contact de productions hérissées et concoctées en grande partie par le prometteur Hagler Tyrant (un proche de Drake), Vince Staples livre un des projets les plus passionnants de l’année, avec au moins deux merveilles: le retors ‘Hands Up’ adressé à tous les meurtres commis par la police américaine au cours de ces dernières années, et ‘Blue Suede’, merveille d’intensité ou une ligne de synthé en fin de course vient se frotter aux basses, pour faire ce qui restera comme l’un des plus beaux titres de hip hop de 2014. Merveille de maîtrise et de classe, ces 23 minutes pèseront de tout leur poids à l’heure de Noel. On est prêt à le parier.

‘Fire’, ’65 Hunnid’, ‘Blue Suede’, ‘Hands Up’

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