Viktor Vaughn – « Vaudeville Villain »

Vaudeville Villain[Album]
16/09/2003
(Sound Ink/Import)

Derrière cet étrange pseudo se cache l’inévitable schizophrène du rap américain, j’ai nommé MF Doom. Après plus de dix ans d’activité au sein de la scène indépendante new-yorkaise, l’homme au masque de métal s’est forgé une solide réputation et connaît aujourd’hui une visibilité plus importante grâce à ses derniers projets abrités par les labels Big Dada, Stone Throw et par le jeune label prometteur Sound Ink pour cet album. Les productions sont assurées par les artistes maisons que sont King Honey, Heat Sensor et Max Bill auxquels s’ajoute la participation de RJD2 sur un morceau

L’album s’ouvre sur une intro dans le style très cartoon, propre à l’univers de MF Doom. Le ton est donné, les titres s’enchaînent à la perfection et dégagent une unité sonore évidente. Les différents producteurs font tour à tour preuve de leur savoir-faire, savant mélange de classicisme et d’avant garde électronique, le tout merveilleusement soutenu par le flow caméléon de MF Doom. Presque aucun morceau n’excède les quatre minutes rendant l’ensemble très digeste. On se laisse entraîner dans une déferlante de cuivres incisifs (« Vaudeville Villain »), d’arrangements subtils de cordes et de pianos oniriques jusqu’aux expérimentations les plus audacieuses (« Popsnot »). Ce qui frappe le plus, à l’écoute de ce disque, c’est le refus de la facilité, l’énorme travail effectué sur les sons ainsi que les nombreuses variations venant briser la linéarité des morceaux. Insertion d’ambiances concrètes sur « Lactose & Lecithin », nappes chaotiques et suintantes (« A Dead Mouse »), craquements et sons électroniques (« RaeDawn ») rappelant inévitablement le style d’Antipop Consortium. On retrouve d’ailleurs M.Sayyid, dont l’album sortira sur le label en 2004, pour une performance de qualité sur le sommet de l’album, « Never Dead », à moins que ce ne soit la ballade suave « Let me Watch » avec Apani B, apportant une touche de féminité et de douceur pour finir de parfaire le tout

Vous l’avez compris, c’est un grand disque que nous livre ici MF Doom accompagné de ces beatmakers venus d’ailleurs. Messieurs, l’avenir du hip hop est entre vos mains et gageons que Sound Ink amorce un réel renouvellement de la scène hip hop indépendante, qui en avait bien besoin. A surveiller de très près.

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