Vialka – « Plus Vite Que La Musique »

Plus Vite Que La Musique[Album]
01/06/2007
(Via/Autoproduction)

Une carrière tient à bien peu de choses. Prenez le couple déluré qui compose Vialka par exemple… Le folk allumé de ces deux Français aura sans doute du mal à trouver preneurs chez nous alors que leur seul véritable tort aura été de décider de chanter dans leur langue maternelle. Gageons que si Marylise Frecheville était née dans un pays non-francophone, on lui aurait trouvé des airs de Nico..

Mais nous sommes en France, et nous ne sommes plus dans les années 70’s, le duo ne recevra donc même pas l’accueil qu’a connu Brigitte Fontaine quand elle s’est acoquinée avec l’Art Ensemble Of Chicago en 1969. Vialka mériterait pourtant tout autant de figurer au catalogue de Saravah puisqu’il cumule les qualités qui ont fait la renommée de ce label: anticonformisme, expérimentation et insouciance. Puisque on n’est jamais prophète en son pays, le couple a décidé depuis un bail d’aller colporter la bonne nouvelle sur d’autres terres plus réceptives (plus de 45 pays au compteur pour l’instant…)

Leur folk-jazz progressif et complètement déjanté parlera ainsi aux amateurs des oeuvres hallucinogènes de Can (le duo a d’ailleurs déjà enregistré avec Damo Suzuki) ou Soft Machine, sans pour autant sombrer dans des morceaux sans fin. Les huit plages de ce « Plus Vite Que La Musique » ne dépassent que rarement les quatre minutes (deux titres tutoient les six minutes, mais on encore très est loin du quart d’heure habituel pour le genre), ce qui est plutôt une bonne idée si on ne veut garder les auditeurs jusqu’au bout. Vu que ça part un peu dans tous les sens quand même, il faut bien le dire..

« Incapable » est musicalement très intéressant (une sorte de post-rock jazz bien gaulé) mais risque d’en rebuter plus d’un avec son texte scatologique (pourtant assez drôle quand on l’écoute vraiment). « Plus Vite Que La Musique » ressemble à un Tortoise lo-fi sur lequel chanterait une Catherine Ringer (des Rita Mitsouko) complètement à l’ouest. « Menestrels » prend des airs de folklore cajun flippé alors que « Everyone’s Talking » serait presque du Refused en acoustique. Ah, et on retrouve aussi un côté bricolé et décalé à la Cocorosie dans « Grenade »… A la limite, la composition la plus plate de cet album est le « Gulag Song » final, chanté en anglais. Du coup, on se dit que le groupe a finalement bien fait de faire le choix de sa langue natale puisqu’il y est bien plus à l’aise, même si ça doit lui fermer des portes

Nos lecteurs qui se passionnent pour la contre-culture des années 70’s noteront au passage que l’album a été enregistré par Bob Drake (figure de l’underground proche de Fred Frith, notamment…)

Nous conseillerons donc plutôt ce disque à un public très spécialisé… ou très curieux, ce qui pour une fois ne serait pas un vilain défaut

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