Various Artists – « Run The Road »

Run The Road[Album]
24/01/2005
(679/Import)

Dans un milieu musical en attente de la prochaine sensation, le grime fait un peu figure de sale gosse débraillé: ce style musical anglais n’ayant encore que peu de vie propre en France (à part deux compiles Rephlex un peu surprenantes) réussit peu à peu à se construire une identité à part des scènes dont il est issu

Chez nous, seul Dizee Rascal a eu l’honneur d’un peu de reconnaissance, jusqu’à ce « Run the Road » qui semble bien parti pour éclairer un peu plus l’ombre entourant encore ce mouvement dans l’hexagone. Il faut dire que la quasi-totalité de cette production sort uniquement en vinyl, et est diffusée par des radios pirates qui n’ont pas encore leur équivalent sur nos ondes hertziennes décidément bien verrouillées

Globalement, on peut décrire le grime comme un descendant agressif, sale et electrominimaliste du hip hop, ayant dépouillé à l’arrachée le 2step et la drum’n bass de leurs sonorités, en particulier des lignes de basses et des rythmiques complètement frénétiques, tout cela sonnant assez furieux, désordonné et énergique, porté par des énergumènes à la voix en roue libre. Quelque chose qui sonne dangereux et excitant, fou et affolant, barré et bordélique, qui va effrayer en vous le trentenaire blasé et mettre le feu à l’adolescent qui persiste à brailler au fond de votre tête

Il ne faut pas non plus se voiler la face, le genre survit principalement par le foisonnement de ses productions et par sa large diffusion en soirée outre-atlantique, car musicalement tout cela sonne un peu trop souvent de la même façon, avec des flows assez basiques, et des instrus toujours déjantées mais rarement abouties, quand elles ne sont pas tout simplement constituées de morceaux de r’n’b pitchés. Au final, le grime c’est un peu l’équivalent pour la musique de Troma pour le cinéma: même quand c’est nul on ne peut pas s’empècher de tripper un minimum

On retrouve tout cela dans « Run the Road », dans une version un peu plus gentillette et presque lissée de ce qu’on l’habitude d’entendre, un peu moins rentre-dedans, bien qu’on y retrouve les ténors du genre (Dizee Rascal, Willey), quelques petits nouveaux prometteurs comme Lady Sovereign et le grand-père presque spirituel de la scène, Mike Skinner, qui semble aujourd’hui presque dépassé par la créature qu’il a contribué à créer

Cette compile constitue en tout cas un bon début si vous souhaitez plonger une oreille dans ce genre, écoute qu’on ne peut malheureusement pour l’instant quasiment prolonger que par l’écoute de quelques mix, blogs ou radios internet

Morceaux en écoute sur le site Run the Road

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