Vampire Weekend – « s/t 99 »

s/t[Album]
25/02/2008
(XL/Naive)

Vampire Weekend, un buzz à double tranchant? Possible, car avec une réputation qui ne cesse de prendre de l’ampleur, sur la toile notamment, on s’attendait à entendre quelque chose d’absolument renversant. Ok, ce jeune groupe new yorkais, formé en 2006, possède incontestablement cette originalité de donner une couleur afro-pop à son indie rock qu’il aime qualifier de « Upper West Side Soweto », parce que ca aide aussi à se démarquer des récurrentes révélations. Encore faut il que cela sonne, et ne se révèle pas indigeste sur la longueur d’un album, chose à laquelle personne n’avait encore véritablement de réponse. Sauf peut être XL Recordings, label étant parvenu à inclure le combo à son catalogue, et à en faire la nouvelle coqueluche de la presse musicale dont on commence malheureusement à connaître le fonctionnement

Vampire Weekend aura mis deux ans à passer au long format, assez pour parfaire sa patte et se lancer dans la bataille non sans une certaine assurance. Surtout qu’il possède cet atout de connaître assez les musiques classiques et du monde pour les utiliser à bon escient. Du coup, quelques titres parviennent à s’extirper du lot, comme « Oxford Comma » et « Mansard Roof » aux mélodies immédiatement addictives si on passe outre quelques riffs flirtant avec le calypso (sic), et des violons déroulant une toile de fond un brin moyen âgeuse. Celle qui devient d’ailleurs totalement indigeste sur les « M79 » et « The Kids Don’t Stand a Chance » pour musiciens de bonne famille, ou un « Bryn » le cul entre les îles et la Bretagne. Pourtant, quand elle se montre plus discrète (« A-Punk », « Campus », « I Stand Corrected ») ou définitivement plus franche (« Cape Cod Kwassa Kwassa »), cette orchestration certes originale mais très particulière, parvient à se faire accepter plus facilement. D’autant plus qu’elle souligne l’étonnante maturité du groupe qui, à la différence de la plupart des jeunes formations rock, n’a pas rendu ses guitares omni-présentes, a fait sonner sa rythmique comme des percussions plutôt qu’une vulgaire batterie, et n’a pas eu peur de rendre parfois son indie rock le plus minimaliste possible sans avoir cette peur du vide souvent infondée

Ca ne fait pas de doute, Vampire Weekend est différent, et n’a pas d’équivalent connu sur la scène actuelle. Alors on en voit déjà se servir des « One Blake’s Got a New Face » et « Walcott » pour défendre bec et ongle la personnalité incontestable du groupe, chose que nous ne lui enlèverons même si il la doit en partie au « Graceland » de Paul Simon. Mais après quelques écoutes répétées de ce premier opus éponyme également à mi chemin entre les écoles new yorkaises et anglaises, on ne peut s’empêcher de se poser cette question: ce nouveau phénomène en provenance de Big Apple bénéficie t-il d’un bon travail de promo de la part du label, ou la presse se contenterait-elle finalement de la moindre inventivité dont un groupe de rock puisse être capable? Encore faudrait-il lui rappeler que tout ce qui est nouveau n’est pas forcément bon. Cela restera en tous les cas notre avis..

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