Uzul Prod – « Traveling Withoug Moving »

Traveling Withoug Moving[Album]
05/03/2007
(Expressillion/Discograph)

Si vous avez envie de vacances et d’exotisme ces temps-ci, évitez de demandez conseil aux Uzul Prod quant au choix de votre destination. Leurs propositions ne sont pas exactement les mêmes que ceux d’une quelconque agence de voyage

Pourtant, si on a bien compris le concept de ce disque (en tout cas si on veut en croire son titre), on est censé partir pour un tour du monde en gardant les fesses collées au fauteuil, traversant virtuellement et musicalement les grandes villes qui donnent leur nom aux différents morceaux de ce premier album. Ne vous attendez pas pour autant aux clichés façon carte postale. Vous visiterez plutôt une « Bagdad » pilonnée par des beats de destruction massive ou « Saigon » sous une pluie de Napalm..

Ah, oui, parce qu’on a oublié de vous dire que Uzul Prod puise essentiellement ses influences dans un hip hop industriel très noir, acoquiné à de lourdes basses dub et à des réminiscences vaguement ethniques. Ce qui n’est pas plus étonnant que ça lorsqu’on connaît le line-up du groupe, composé du monsieur machines de Kaly Live Dub / Hybrid Sound System et du guitariste de Picore

Si l’on s’en tient du strict point de vue du concept album, on a pourtant envie de dire qu’on a déjà entendu mieux ficelé par le passé. Peut-être que le groupe a vu un peu trop grand? On a en effet un peu de mal à reconnaître, par exemple, ce qu’a « Bucarest » de plus slave que « London ». Et vice versa. En tout cas, ça ne saute pas à l’oreille… Pour un dépaysement plus radical, réécoutez plutôt The Atlas Project (ou la plupart des groupes signés sur le label nantais Prikosnovénie), la fusion entre électronique et musique traditionnelle y est bien plus poussée

Mais si on décide d’ignorer son concept qu’à moitié maîtrisé, ce « Traveling Without Moving » reste un album tout à fait intéressant. Surtout si vous êtes fans des groupes joviaux et primesautiers que sont Techno Animal, Scorn, Spectre et consorts… Prenez le « Mostar » d’ouverture, qu’on pourrait comparer à la rencontre impromptue entre Dälek et Dead Can Dance (Dälek Can Dance?): ce morceau à la beauté maladive vous agrippe direct à la gorge et ne vous lâche, exsangue, qu’à la toute dernière seconde… comme pour mieux vous laisser à la merci du très bon « Bucarest » qui suit, où le flow de Carbon Copies (Picore, Spade & Archer) rappelle celui de Mau, rappeur des injustement méconnus Earthling. On a connu de moins bonnes entrées en matière. Plus tard, vous ne sortirez pas non plus indemnes de l’intimidant « Ketama » ou du concassé « Moscou »… A vrai dire, tous les morceaux de ce disque valent de s’y attarder. C’est juste que leurs titres créent des attentes qui ne sont que partiellement comblées. Avec d’autres noms, parions que nous n’en aurions pas fait de cas, et que l’album serait passé comme une lettre à la poste! Dommage..

En tout cas, s’il y a bien une chose sur laquelle on ne nous aura pas trompés, c’est qu’Uzul Prod a tout à fait sa place sur le roaster de Expressillon. Le label parisien est devenu la référence absolue en ce qui concerne les franges dures de la musique électronique hexagonale. Son catalogue a su de surcroît garder un certain éclectisme (Signal Electrique, Interlope, Crystal Distortion, General Dub, 69db, Wide Open Cage…), privilégiant la cohérence des ambiances aux simples frontières des styles. Et de ce côté-là, Uzul Prod n’aura rien à envier à ses petits camarades de jeu, c’est chose sûre..

En écoute

1. Mostar     
2. Benares     
3. Saigon     

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