Usé – ‘Chien d’la Casse’

Album / Born Bad / 24.04.2016
Orchestre dissonant

Nicolas Belvalette est un homme occupé. Gérant de la salle de concert amiénoise l’Accueil Froid, candidat aux municipales 2014 avec son Parti Sans Cible, l’homme s’est trouvé associé à une multitude de projets ébouriffants (Headwar, Les Morts Vont Bien, Roberto Succo) dès lors qu’il s’agissait de martyriser les guitares et de faire passer une soufflante vivifiante dans les bronches de ce réseau souterrain fait de squats, de fanzines et de débrouillardise.

Aujourd’hui sans amis mais non sans ressource, c’est autour d’Usé – son projet solo – qu’il émerge jusque dans les écuries de Born Bad avec ce ‘Chien D’La Casse’ sous le bras. Sept morceaux introduits par l’aboiement d’un chien méfiant (le mot est faible), qui agissent comme sept élans, bâtis sur des tapis de synthés et sur des rythmiques fouillées, à l’exception de ‘Sous Mes Draps’, pseudo-ritournelle à l’alcool anxieux qui se rangerait sans mal sur une compilation de chansons françaises dégénérées, entre Noir Boy Georges et Ventre de Biche.

Sur scène, l’appellation ‘solo’ prend tout son sens à mesure que Nico se divise en homme orchestre, torturants cymbales et fûts, manipulant la stridence de ses synthés, tout en retenant prisonnier une guitare disposée à l’horizontale et qui se prend de temps à autre un coup de baguette pour lui passer l’envie de broncher.

Autour de cet attirail qui est celui d’un futur ou les mines de charbon seraient redevenues la seule source d’énergie possible, Usé chante l’asphyxie (‘Respire’), l’hystérie de la drogue (‘Amphétamine’) comme les sentiments dominants de cette boucle sans sortie (‘Infini’). C’est contagieux, fascinant, grinçant, on y ramasse deux ou trois échardes au passage, mais l’on y revient toujours, comme attiré par l’étrange lumière qui semble scintiller au dessus de ces circuits en vase clos.

‘Respire’, ‘Sous Mes Draps’, ‘Amphetamine’, ‘Infini’

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