Until The Ribbon Breaks – ‘A Lesson Unlearnt’

Album / Kobalt / 25.01.2015
Avant RnB

On ne sait jamais à quoi s’attendre au détour d’un featuring. La preuve: alors que, en 2013, Run The Jewels sortait son premier album, on croisait la voix de Pete Lawrie Winfield sur ‘Job Well Done’ au refrain contrastant avec le reste d’un opus electro hip hop plutôt brut de décoffrage. Un an plus tard, les deux new yorkais lui renvoyaient logiquement la balle en aidant considérablement à la médiatisation de Until The Ribbon Breaks, et à l’efficacité d’un premier single (‘Revolution Indifference’) qui ne pouvait se révéler meilleure mise en bouche.

Le piège s’était déjà refermé sur nous, happés par un trio de multi-instrumentistes bien décidé à mêler ses influences pop, electro, et hip hop au sein de compositions qui – n’ayons pas peur des mots – flirtent très souvent avec la mièvrerie pourtant souvent rédhibitoire du RnB. Mais rassurez-vous, même si quelques titres pourraient porter à confusion (‘Romeo’), on est ici plus proche des rondeurs et de la sensibilité de Movement, Chet Faker, Flume, James Blake, voire Apparat, que de la soupe infâme de R-Kelly, Usher, Boys II Men et autres dégénérés ayant pourri notre passage au 21ème siècle.

D’ailleurs, hormis l’intrusion évidemment brillante de Killer Mike et El-P sur le single cité plus haut, c’est dans ses élans de romantisme et de sensualité que Until The Ribbon Breaks se montre le plus convaincant. Le trip hop appuyé et has been (trip hop quoi…) de ‘A Taste Of Silver’, tel un chien dans un jeu de quilles, ne manque pas d’en attester, tout comme ce ‘Spark’ vêtu d’un voile dancefloor dont Calvin Harris s’habillait déjà il y a… sept ans.

Non, pas de doute, sans omettre le joli compromis qu’est ‘Perspective’ (feat Homeboy Sandman), c’est incontestablement dans cette mélancolie soutenue par des productions profondes à filer le vertige que le trio brille de mille feux. Si ‘Orca’ n’est en qu’une étincelle, Until The Ribbon Breaks embrase tout son potentiel sur ‘Persia’, ‘Pressure’ et ‘Goldish’, trois titres qui, s’ils se battent encore avec quelques clichés, prouvent que ce mélange d’electronica et de RnB peut encore pas mal tirer sur la corde du glauque avant qu’elle ne casse. Pas sûr en revanche que, dans son cas, lâcher du lest soit une bonne idée.

‘Revolution Indifference’, ‘Persia’, ‘Pressure’, ‘Goldfish’

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