Unsane – « Wreck »

unsane180Album
(Alternative Tentacles)
19/03/2012
Noise

Il en est ainsi depuis la fin des années 80: qu’il change de label ou subisse des changements de line up, Unsane reste imperturbable, fidèle à une noise dont il est devenu un des plus vieux représentants encore en exercice. Une longévité qui n’aura que rarement trahi le poids des années. Au pire, parlerons-nous d’un éventuel manque d’inspiration à quelques passages de sa discographie. Pour « Wreck », leur septième album et premier pour le compte de Alternative Tentacles, on ne pourra pas reprocher aux New Yorkais d’avoir lésiné sur l’énergie tant cette nouvelle salve est interprétée le couteau entre les dents, avec une agressivité et une intensité telle qu’elle en devient suffocante. Ainsi, une fois votre main bien happée par la mâchoire de la bête, plus rien ne viendra la libérer de cet étau progressivement resserré par une rythmique béton, des guitares aussi puissantes que dissonantes, et un chant titillant ses limites avec la plus grande assurance. Autant d’éléments auxquels le groupe nous a toujours habitué, auxquels on s’attendait donc logiquement sans pour autant être capable d’anticiper un tel retour aux sources. Ainsi, dès l’entame « Rat » prenant immédiatement à la gorge, Unsane s’offre une cure de rajeunissement pour le moins efficace. Dès lors, le ton est donné, et si « Decay » permet un instant de reprendre un peu son oxygène, tout comme un peu plus tard les couplets blues de « Stuck », le combo est plus que jamais décidé à nous avoir tous à l’étouffement, ne laissant que les plus obstinés atteindre sans trop de mal « Ha Ha Ha », excellente reprise de Flipper clôturant le disque. Entre temps, il faudra saisir au bond les breaks et riffs bien sentis interrompant une linéarité parfois indigeste, et extirper de ce magma électrique les quelques subtilités que le groupe aura dissimulé ici ou là (l’harmonica de « No Chance » notamment). Et à la fin, comme à chaque fois, il rallume les lumières, compte les morts qui n’auront pas survécu à force de se taper la tête contre les murs en cherchant, en vain, la porte de sortie.

itunes26

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