Unknown Mortal Orchestra – ‘Multi Love’

Album / Jagjaguwar / 25.05.2015
Pop funk kaléidoscopique

Débarqué de nulle part il y a quatre ans, Unknown Mortal Orchestra n’a pas tardé à hypnotiser avec un premier album, puis un second qui laissait un peu plus découvrir une pop lo-fi vintage et kaléidoscopique, aux mélodies venimeuses, au groove aussi nonchalant que sexuel. Parfait pour les heures de longues siestes comme pour apprécier la brise fraîche des débuts de soirées d’été, le groupe avait ce don incontestable pour désorienter l’auditeur, en opérant d’incessants grands écarts entre passé et présent, comme en jonglant avec une multitude d’influences parfaitement mariées chez lui.

Deux ans sont passés, et avec eux une évidente volonté de s’en aller voir ailleurs, de s’enfoncer un peu plus dans les méandres d’un funk qu’on entendait déjà poindre: ou comment trouver intelligemment son originalité en continuant d’enjamber les temps, et en restant fidèle à une approche très personnelle de la pop (‘Stage Or Screen’), celle qui – comme d’habitude avec Ruban Nielson – demande à être apprivoisée. En grande partie responsable de ce léger changement de cap qu’il a une nouvelle fois enregistré seul (l’imparable titre éponyme en tête), le néo-zélandais d’origine s’est cette fois armé d’une horde de synthétiseurs bidouillés et rebidouillés par ses soins, pour aller taquiner les échines des nostalgiques du pas de côté (‘Like Acid Rain’).

Autant dire que, même si tout n’est pas encore tout rose, l’humeur n’est plus à la triste solitude des premiers albums: jamais content, Unknown Mortal Orchestra chante maintenant la frustration de vivre ensemble sur de surprenants airs disco (‘Can’t Keep Checking My Phone’), tout en allant piétiner l’héritage laissé par Prince (‘Ur Life One Night’) et laisser réapparaitre ici ou là quelques pointes de mélancolie, au détour d’une mélodie (‘Extreme Wealth And Casual Cruelty’) comme dans ses irrémédiables poussées soulful (‘Necessary Evil’). De quoi ne pas totalement dépayser le fan que les sonorités un peu déshumanisées de cet album pourraient froisser de prime abord.

‘Multi Love’, ‘Can’t Keep Checking My Phone’, ‘Stage Or Screen’, ‘Necessary Evil’

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