United Nations – ‘The Next Four Years’

Album / Temporary Residence / 15.07.2014
Powerviolence screamo

En 2008, United Nations sortait un premier album né dans l’urgence, et laissait entendre qu’il n’y en aurait plus d’autres. C’était écrit, il s’agissait là d’un projet éphémère permettant à quelques illustres protagonistes de la scène américaine de se retrouver pour dégueuler ensemble toute l’énergie qui leur restait encore. Tous occupés au sein de Thursday, Converge ou Glassjaw à l’époque, et alors que – de fait – on s’attendait seulement à du fond de fut, le disque éponyme enquillait les éruptions sonores, comme s’il s’agissait du dernier témoignage laissé par quelques mecs bien décidés à tout donner, jusqu’à ce que leurs oreilles flanchent comme des feuilles mortes.

Six ans plus tard, ‘The Next Four Years’ affichant le sérieux d’un groupe officiel, United Nations semble avoir pris une toute autre tournure. Le personnel a beau avoir changé (Geoff Rickly n’est désormais plus entouré que de musiciens de The Lovekill, Acid Tiger, et Pianos Become The Teeth), son registre n’a pas bougé d’un iota: tout au long de ces onze titres issus d’un Ep, d’un 45t, d’un 10″ et d’une cassette jusque là disponible en tournée, il est toujours question de chaos, d’urgence et d’agressivité. Ainsi, dès ‘Serious Business’, c’est une machine infernale qui se met en marche, comme programmée pour tout broyer sur son passage, sans que rien ne puisse lui résister (‘False Flags’, ‘Fuck The Future’).

D’une intensité rythmique à couper le souffle, sous un mur de guitares et l’impulsion des braillements de Rickly, l’album déroule sa rage, se permettant seulement quelques percées mélodiques quand les riffs trouvent une brèche (‘Serious Business’), ou que quelques pauses permettent au groupe et à l’auditeur de reprendre une bonne bouffée d’oxygène avant de replonger en apnée (‘United Nations Find God’, ‘Stole The Past’, les sept minutes de ‘F#A#$’ entre deux parenthèses chaotiques). Là, quelques relents de Thursday se font logiquement entendre (‘Meanwhile On Main Street’), toujours très brièvement cependant pour qu’on ne s’y habitue pas et qu’on revienne rapidement à l’essentiel: ces déflagrations cathartiques que United Nations maîtrise désormais plus que jamais.

‘Meanwhile On Main Street’, ‘Between Two Mirrors’, ‘United Nations vs United Nations’, ‘F#A#$’

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