Ungdomskulen – « Cry-Baby »

Cry-Baby[Album]
29/10/2007
(Ever/Import)

La Norvège aurait-elle été la cible d’un attentat au Viagra? C’est franchement à se demander quand on en vient à se remémorer la dernière prestation parisienne de Turbonegro, dont le charismatique chanteur haranguait la foule d’un « je suis très excité » en français et avec un accent nordiste à couper au couteau; et que vient s’y ajouter ce « Cry Baby » de ses compatriotes de Ungdomskulen, très différent musicalement, mais aux préoccupations apparemment très proches. Car ces derniers semblent être restés d’éternels adolescents, ce qui tend à se vérifier de la signification de leur nom (« Junior High School », ndr) jusqu’aux sujets de leurs textes s’étalant entre autres longuement sur la masturbation et l’érection. Mais à l’image de leurs mythiques aînés, il ne faudra pourtant pas s’attendre ici à une succession d’histoires de coeur entre boutonneux puceaux, comme nous les servent trop souvent quelques chaînes musicales qu’on a trop souvent nommées

Non, « Cry Baby » est un premier album totalement maîtrisé, auquel s’ajoute une dose non négligeable d’originalité, faisant de Ungdomskulen un groupe à part et totalement libre dans le paysage rock indé. On y trouvera forcément quelques ressemblances, trop éphémères ou légères pour venir ternir le résultat final. Ainsi, « Ordinary Son » qui lance les hostilités flirte presque dangereusement avec les Klaxons, jusqu’à ce qu’on prenne conscience de la parfaite maîtrise des instruments et d’une approche musicale qui ne seront pas sans rappeler des formations prestigieuses de la trempe de 31 Knots. Sauf que ces Norvégiens, en adoptant un format de morceau systématiquement long, continuent de brouiller les pistes, rendant impossible une quelconque classification rapide. Pourtant, la cohérence est là, chaque titre bouclant la boucle, en passant toutefois régulièrement par quelques détours que même un GPS très perfectionné ne saurait reconnaître. Peu importe, tous les chemins de Norvège semblent mener à Rome, laissant au passage quelques titres illustrant une maturité bien cachée derrière une insolence et une arrogance finalement salvatrices quand elles sont baignées dans le jus rock (l’efficace « Witches Mate In The Underground », le noisy et groovy « Modern Drummer », les plus pop « Feels Like Home » et « My Beautiful Blue Eyes »)

Tels trois bambins trop doués pour qu’on leur demande de prendre la porte à la moindre turbulence, les Ungdomskulen s’amusent donc à semer une joyeuse pagaille sans que cela ne vienne ternir un seul instant leur musique. Certes, on leur demanderait bien parfois de remettre un peu d’ordre dans leurs idées (« Spartacus », « Ungdomskulen »), mais au risque de les mener vers une voie déjà beaucoup trop empruntée. Qu’ils rangent déjà leurs piaules, et on les excusera sans peine de vouloir continuer à foutre une telle merde au sein des rédactions des canards musicaux

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