Underground Railroad – « White Night Stand »

under180Album
(One Little Indian)
20/06/2011
Noisy pop

Si on vous parle d’Underground Railroad à coups d’interviews et de chroniques depuis « Twisted Trees » en 2006, c’est qu’il y a une bonne raison. Ce trio parisien, parti demander asile à Londres car sans doute trop éloigné des standards pop français, continue d’ajouter des galons à son échelle de maturité. « White Night Stand » est leur troisième album chez One Little Indian qui ne veut certainement pas laisser partir dans la nature cette pop bruyante et obstinée. Tantôt masculin tantôt féminin, le micro passe de bouche en bouche à la manière de Angus & Julia Stone, dans un style nettement plus nonchalant et rugissant, comme ce « 8 Millimetres » qui louche entre les Rita Mitsouko et The Kills. La recette originelle se consolide, et les trois prennent de l’assurance en envoyant des solos salaces et épiques (« The Orchid’s Curse »), des mélodies intéressantes que l’on distingue au milieu d’arrangements délicieusement confus (le point fort « Yellow Suit »), ou de volontaires imperfections instrumentales faisant le charme de « Ginkgo Biloba » qui laisse une certaine liberté d’expression aux instruments. Même si la première écoute a du mal à rester ancrée, la seconde plante quelques piquets dans la boîte crânienne, laissant au passage quelques flaques d’huile à l’image de « Lucky Duck », aussi pesant qu’une chanson d’Archive.

Il nous arrive de penser à la fois à Radiohead et à Tame Impala sur « We Were Slumbering », pour les envolées psychés et la passion passagère dont semble épris le chanteur. Les atmosphères dont nous sommes victimes se décalquent dans l’air ambiant, donnant l’envie de descendre à la cave pour jouer de la guitare le plus fort possible après s’être enfilé les 9 minutes de « Seagull Attack ». Néanmoins, de nombreux moments de douceur mélancoliques existent, ponctués par quelques frottements de violoncelle (« Traces To Nowhere » ou « Rude Awakening » qui clôturent le disque), passages dociles qui ne durent qu’un temps, souvent rattrapés par la hargne des instruments… A ce niveau là, bon courage à qui voudra les stopper dans leur quête d’excellence en terme de noisy pop…

Disponible sur
itunes12

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