UHT – « Ghost Forest »

Ghost Forest[Album]
12/06/2006
(No Fridge/Nocturne)

Après trois ans de silence qu’on craignait alors éternel, le crew parisien UHT° revient pasteuriser nos esgourdes trop souvent contaminées par des bactéries télévisuelles et/ou radiophoniques. Dj Click en convient : « l’envie était toujours présente dans un coin de mon ordinateur et de ma tête, mais trouver le bon contrebassiste et une nouvelle équipe, ça a pris un peu de temps« . Car le groupe s’était séparé un peu brutalement, juste avant la sortie d’un deuxième LP qui restera pour le coup inédit. Mais si vous aviez aimé leur premier « Pic De Pollution », on ne saurait trop vous conseiller quand même de faire votre petite investigation sur la toile afin de récupérer ce presque-deuxième album absolument excellent! Parenthèse fermée

On retrouve donc aujourd’hui le trio devenu quatuor, après un changement de line-up (Lawkyz, remplaçant à la contrebasse K-Mil, parti chez No One Is Innocent et s’associant récemment à R-Wan de Java pour un « Radio Cortex » plutôt fun) et l’arrivée de Miss Cat’s Eyes à la flûte, qui signe ce deuxième « véritable » album, toujours dominé par les bidouilles sonores de Dj Click et les scratches virtuoses de Nino Korta. Mais le propos est néanmoins relativement différent de la drum’n’jazz insouciante des débuts. UHT°, sans doute à l’initiative de son leader, passionné de rythmes exotiques (slaves, afro-brésiliens, afro-cubains…), fait désormais voyager son electro-jazz au gré des invités et des samples pour finir par résonner comme une sorte de Fingathing globe-trotter… « Un CD, ça s’écoute; la drum’n bass, ça se danse! La « drum » est assez sectaire, elle s’est renfermée sur elle même avec des productions de plus en plus dark et techno. Il n’y a eu aucune évolution « musicale » depuis le premier Roni Size, par contre c’est toujours aussi bon pour le live, c’est une pulsation extraordinaire… On nous a mis dans le bac jungle depuis « Pic De Pollution », mais si tu écoutes bien à l’époque déjà deux titres sur huit seulement avaient une rythmique drum’n’ bass.« On savait le groupe investi depuis toujours dans l’écologie (cf. ce très beau digipack en papier recyclé), est-ce donc la déforestation galopante et les autres dégâts humains qui donnent parfois à ce « Ghost Forest » un ton plus grave, plus préoccupé? « On envoie des messages d’alerte via notre musique pour sensibiliser le public. Mais, par exemple pour la France, c’est urgent que chaque ville possède le tri sélectif comme cela se fait depuis plus de dix ans en Allemagne, que plus rien ne soit jeté ou abandonné dans nos mers, sur nos rivages, d’essayer au maximum de cultiver bio, d’officialiser les nouvelles essences « vertes » à bas prix comme cela se fait au Brésil, d’instaurer le transport gratuit pendant les jours de pic de pollution dans les grandes villes…« . Toujours est-il qu’on est forcément surpris de la teneur plus contemplative de certains titres..

Ca n’empêche pas le groupe de signer quelques perles éclatantes (« UHT° Jazz Club » feat. Allonymous, le très Herbaliser-ien « Bluenvironment » feat. Blu Rum 13, le majestueux « Alternate Take », l’enlevé « Ritmos Motivados », ou la relecture ultra funky du « Rock It » de Herbie Hancock qu’on imaginerait bien sur un album des Beastie Boys…), mais, avouons-le, la seconde moitié de l’album peine à maintenir le niveau… Quelques morceaux de ci de là sont en effet peut-être plus accessoires et handicapent un peu le disque sur la longueur

En écoute

1. Ghost Forest     
2. UHT Jazz Club     
3. Rock It     

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