Ugly Duckling – « Moving At Breakneck Speed »

ugly180Album
(Special Records)
31/10/2011
Hip hop jovial

Les trois Ugly Duckling ont quand même une chance incroyable de voir leur bonne humeur intacte après quatre album et dix ans passés sur le circuit indépendant: une constance qui ne fait que conforter chaque fois la marque de fabrique d’un groupe pour qui hip hop peut aussi rimer avec humour, fiesta, légèreté, et franches rigolades. Prenez « Moving At Breakneck Speed », leur cinquième opus tout juste sorti du four: on y est à mille lieux de ces personnages bling bling et bodybuildés embourbés dans des stéréotypes ridicules, des gangsters West Coast, des superstars vuitonisées, comme des poètes quadragénaires qui font le penchant conscient de la discipline. Non, l’album colle plutôt à ce que le trio, soucieux de la qualité de ses disques comme de ses prestations live, a toujours proposé: un hip hop festif ou les beats piqués au funk allument constamment la mèche de cuivres énergiques (« Keep Movin' », « Momentum »). Sur le papier, la recette peut paraitre banale et maintes fois rabâchée, pourtant elle traverse les années comme les pays avec une fraicheur toute adolescente qu’on retrouve logiquement tout au long de ce cru 2011, marqué au même titre que ses prédécesseurs par un dynamisme qui fait chaud aux oreilles, et monté comme un véritable cartoon. En effet, le temps de quatorze titres, les californiens se lancent à la poursuite d’un gang de super criminels déterminés à éradiquer Ugly Duckling pour de bon. On avance donc au rythme du groupe qui, tout en restant fidèle à lui-même (« How It Used To Be »), nous fait passer par des morceaux plus posés (« $100 Weekend », « Endless Summer »), aux ambiances cosy (« I Wonder Where She Is Now » dédié aux filles rencontrées sur la route des tournées), par d’autres qui filent en trombe (« Sprint! »), et même par de vrais tubes qu’on voit déjà rejoindre d’autres plus anciens qui ne se sont jamais fait prier pour soulever les foules (« Elevation »). Aussi, et c’est tout à son honneur même si le résultat n’est pas toujours probant, Ugly Duckling s’offre quelques innovations bien tentées, à l’image de « Einstein Buys a Monkey » ou la bossa nova rencontre des violons country. Autant d’envies faciles à concrétiser quand on est un groupe autoproduit possédant assez de talent pour maintenir le cap sans faille.

Disponible sur
itunes40

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