Tyler The Creator – « Wolf »

tyler180Album
(Odd Future)
01/04/2013
Hip hop

A défaut d’avoir toujours fait l’unanimité pour sa musique, Tyler The Creator est indiscutablement devenu une des icônes de la jeunesse 2010, séduite par son côté irrévérencieux comme par sa sévère tendance à « jackasser ». Bien aidé par la sortie de « Goblin » il y a deux ans, c’est donc en toute logique qu’il s’est rapidement imposé comme un acteur incontournable du hip hop moderne. Seulement, frappée d’un humour particulier, d’une marque de fabrique qui trouve surtout son moule dans un langage offensant n’appartenant qu’à elle, cette odieuse gueule d’ange n’a jamais réussi à faire taire les plus sceptiques n’y voyant qu’un phénomène de foire.

Avec « Wolf », troisième album forcément attendu au tournant par fans, détracteurs, et simples curieux, le californien voyait donc se présenter à lui l’occasion ou jamais de justifier sa place parmi les grands, en montrant notamment ses capacités à évoluer. S’il s’est appliqué, que les morveux se rassurent: l’éternel adolescent n’a pas abandonné ses sarcasmes ni ses insultes (l’excellent « Rusty »), et peut toujours dérouler son flow sur les thèmes les plus banals qui soient (« Slater »). Mais, preuve d’une maturité grimpante, il se montre aussi plus introspectif que jamais, s’adressant ici à son père (« Answers »), à une femme qui l’a fait souffrir (« IFHY » feat Pharrell), rendant hommage à sa grand mère (« Lone »), ou soulignant sa célébrité gagnée à faire l’imbécile (« Pigs »).

Comme en atteste l’efficacité redoutable de certains morceaux, Tyler The Creator n’a pas non plus perdu ses talents de producteurs. Poussé par les influences revendiquées de Nerd, Neptunes, comme des petits génies de BadBadNotGood, il réussit une nouvelle fois à prendre ses détracteurs à contre-pieds grâce à une surprenante diversité, néanmoins cohérente avec ce qu’on connaissait déjà de son oeuvre (« Trashwang »). Ainsi, si « Jamba », « Akward » et « Domo23 » se révèlent véritablement accrocheurs, « Wolf » trouve également son intérêt quand il s’en va affronter MIA sur son terrain (« Tamale »), qu’il adopte la froideur du rock (« Cowboy »), comme lorsqu’il se laisse aller à des relents annoncés de soul (« Treehome95 » feat Erykah Badu) ou jazz (« Lone ») qu’on n’attendait pas si marqués cependant. Fidèle à son habitude, Tyler, en se jetant ainsi sans aucun filet, signe un album qui lui ressemble. C’est à prendre ou à laisser, toute façon il s’en branle.

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