Tyler The Creator – ‘Cherry Bomb’

Album / Odd Future Records / 13.04.2015
Hip hop

Et si Tyler The Creator était le grand perdant de la constellation Odd Future? Alors que, depuis un moment déjà, Earl Sweatshirt et Frank Ocean ont trouvé leur voie et le succès, l’ancienne tête de proue du collectif semble se consumer inexorablement dans des albums pénibles, des singles trop longs, et une formule régressive qui nous fait regretter les nombreux billets pariés sur sa tête il y a de cela quelques années, à la sortie de ‘Wolf‘.

Avec ce quatrième opus, il plante malheureusement un nouveau clou dans son cercueil. Sous influence Roy Ayers et Stevie Wonder (c’est lui qui le dit), ‘Cherry Bomb’ n’affiche hélas pas un Tyler sous un angle nouveau, plein de nuances et de nouvelles facéties. Plutôt que cela, ce dernier long format porte constamment la marque d’une régression qui a toujours habité le jeune rappeur, depuis ses chaussettes hautes jusqu’à ses clips. Mais ici, elle se fait le symptôme d’un marasme qui donne au disque des allures de film adolescent, entre rock dégingandé pour bal de prom’ avec l’insupportable ‘Deathcamp’, et teuf au bord du lac sur ‘Cherry Bomb’.

De l’autre coté, il oscille entre morceaux-madeleine du temps ou un piano sinistre et une ambiance délétère faisait son bonheur, et tentatives pleines de synthés et de soleil ou des interludes féminins émergent, se chargeant – sans trop savoir pourquoi – de la bonne tenue de l’ensemble. Kanye West et Lil Wayne ont beau venir en renfort, ils ne sauvent rien du tout. Seul Schoolboy Q surnage grâce à sa voix de chien méchant qu’il pose sur le meilleur morceau de l’album, ‘The Brown Stains Of Darkeese Latifah Part 6-12’.

On sort donc de ‘Cherry Bomb’ un peu hagard, un peu perplexe, et un poil dégoûté aussi. Ce n’est pas tant la profusion d’idées qui nous dérange ici, mais le manque de goût quand il s’agit de les mettre en place. On n’exige pas non plus de Tyler qu’il range sa chambre et qu’il arrête ses conneries, juste qu’il ait un peu plus de suite dans les idées. Histoire qu’il conserve à ses côtés ceux qui misent encore un peu sur lui.

‘Pilot’, ‘The Brown Stains Of Darkeese Latifah Part 6-12’, ‘Fucking Youth’

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