Ty Segall – « Twins »

ty180Album
(Drag City)
08/10/2012
Garage

Ty Segall 2012, suite et fin. Tout doit un jour se terminer, et les doigts ensanglantés du guitariste vont pouvoir prendre un peu de repos après cette année faste qui le voit conclure ici la trilogie qu’il avait promis. Avec « Twins », le californien s’applique à démontrer les nuances de son jeu qui, par sa capacité d’adaptation, nous montre tout un potentiel refusant de se voir attacher à un quelconque pilori garage qui clouerait sur le champ toute tentative d’émancipation.

Avec « Twins », Ty caresse de près des références classieuses qui rodaient déjà sur ses albums précédents, prenant par la main les Beatles pour mieux les noyer dans la mélasse. « Thank God For The Sinners » est une pointe de Liverpool venue se lover dans les transats californiens, et « The Hill » une touche de power flower aussitôt piétinée par une disto sans pitié. Par ses arrangements, ses tournures qui ramassent des tocs et des références sur la route, le disque s’apparente donc à une entreprise de séduction massive.

Ici, la séduction s’assure aussi de la fidélité des premiers jours avec une efficacité et une maitrise totales. « You’re The Doctor » et « Who Are You » combinent ainsi les caractéristiques des premiers albums, mais avec une subtile sophistication pop qui dessine les nouvelles aspirations de ce prolifique électron. Certaines chansons révèlent alors une vulnérabilité qui semblait se cacher derrière les effets et les solos, et qui aujourd’hui dévoile le besoin d’être aimée de son géniteur.

Malgré une production qui peut aujourd’hui difficilement être plus conséquente, Ty Segall conclue cette livraison annuelle par une ouverture vers la pop dévoilant au passage quelques fêlures personnelles, et faisant subir à son rock garage les conséquences de ce touchant vague à l’âme. Ce qui ne fait que rendre le personnage plus passionnément humain.

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