Ty Segall – ‘$ingles 2’

Album / Drag City / 18.11.2014
Garage

Ty Segall compose sans relâche, entasse, et trouve toujours une destination finale à ses enregistrements. En 2011 déjà, il raclait les fonds de tiroirs en même temps qu’il réunissait quelques faces B de 45t en vue d’une première compilation de singles, à ne surtout pas confondre avec un quelconque best of. Aujourd’hui, il réitère l’initiative et ‘$ingles 2’ voit le jour: une aubaine pour tous ses fans complétistes, mais pour lui aussi qui – consciemment ou non – peut ainsi surfer, pendant qu’il est encore temps, sur le buzz qui le porte. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, le garage est une mode, et comme toutes celles qui l’ont précédée, elle finira par s’éteindre, laissant les figures les plus emblématiques du genre aux oreilles des plus érudits.

Couvrant la période 2011-2013, et au-delà de quelques titres assez anecdotiques parus récemment sur des compilations (le cuivré et stoogien ‘Fucked Up Motherfucker’) ou splits (‘It’s Not A Problem’ et ‘Music For Film’ qui s’étaient confrontés respectivement à The Feeling Of Love et Chad & The Meat Bodies), ‘$ingles 2’ repêche essentiellement quelques faces B. Ce sont elles, généralement mieux produites, qu’il faudra d’ailleurs retenir de cet opus logiquement frappé des talents de compositeur décuplés d’un Ty Segall à l’écriture sans cesse plus fine.

Ainsi plus que les survitaminés ‘Spiders’ et ‘Hand Glams’ qui l’ouvrent sur un ton des plus lo-fi, ‘Falling Hair’ et ‘Children Of Paul’ – également issus de la période ‘Goodbye Bread’ – ne manquent pas de contribuer à l’intérêt de ‘$ingles 2’. Plus tard, Ty Segall y ressert également l’excellent ‘Mother Lemonade’ auquel ‘Twins‘ a fermé la porte au nez, ou le plus acoustique ‘For Those Who Keep’ que l’on imagine refoulé par ‘Sleeper‘. Depuis toujours adepte de l’exercice, le californien glisse également ici quelques reprises rondement menées, qui ne manqueront pas de faire se retourner les Groundhogs (‘Cherry Red’) ou le Velvet Underground (‘Femme Fatale’ tiré de l’album hommage paru chez Castle Face) dans leurs tombes.

‘$ingles 2’ se révèle donc aussi agréable à écouter que les récents albums qui auront contribué à la médiatisation galopante de cet insatiable songwriter. Néanmoins, il est de mise de rester honnête et objectif: le disque, en alignant par définition que des titres effectivement en deçà des heureux élus, s’adresse uniquement aux fans les plus assidus de Ty Segall, et n’est en aucun cas la porte d’entrée de sa discographie, désormais longue comme deux bras.

‘Cherry Red’, ‘Falling Hair’, ‘Mother Lemonade’

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