Ty Segall Band – « Slaughterhouse »

ty180Album
(In The Red)
26/06/2012
Garage à vie

Ty Segall 2012: acte 2. Fidèle à ses projets personnels qui le voyaient promettre pas moins de trois albums en début d’année, le jeune californien poursuit sa frénésie productive, truffée d’épisodes bruyants et saturés. A peine plus d’un mois après son excellente collaboration avec White Fence, il s’est donc entouré de son groupe de tournée pour donner suite au deuxième volet de sa trilogie annuelle.

Enregistré en trois jours dans la plus pure tradition garage, « Slaughterhouse » va s’affirmer en un petit plus d’une demi-heure comme un modèle de gouaille morveuse et de riffs tonitruants. De l’introductif « Death » qui ouvre les hostilités sur une montagne de saturation en passant par le chant ensoleillé de « I Bought My Eyes » jusqu’à l’ahurissante reprise de Bo Diddley avec « Diddy Wah Diddy », tout ici transpire le don de soi, le dépassement, et le plaisir simple de jouer vite et fort.

Désireux de changer sa ligne d’attaque tout en conservant son agressivité, Ty Segall sait aussi manœuvrer sa barque pour troquer la vitesse contre une lourdeur écrasante, notamment sur « Wave Goodbye » centré autour d’un riff répétitif et qui finit par imploser, bardés de soli hystériques dans sa dernière ligne droite. Quelque soit la manière, il semble donc toujours aisé pour le jeune homme d’amener le chaos à nos oreilles.

En concluant son album avec « Fuzz War », une longue piste de près de dix minutes séparées entre larsens isolés et guitares agonisantes, Ty Segall ne prend pas seulement le risque d’accoucher d’un titre en rupture avec le ton global de l’album, il nous donne à contempler la saturation du début qui répond au fuzz de la fin, avec pour seule homogénéité la folie qui en découle, cette même folie contagieuse qui donne à « Slaughterhouse » des allures de potion vitale au gout de barbelés. La boucle est bouclée, et Ty Segall accouche donc ici de son meilleur album.

itunes14

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