Two Left Ears – « Lazy Trace »

tle180Album
(Laybell)
01/2011
Electronica Hip hop

La jeune structure Laybell ouvre ses portes sur le premier album de Two Left Ears. Tous les deux fans de hip-hop à la base, Mathieu Adamski (aux machines et platines) et Mathieu Desprez (double basse) amputent leur oreille gauche pour donner vie à ce projet électro-acoustique qui a démarré dans les petites salles de concert, en vendant des EP gravés à la sauvette. Toujours bien accueilli par les curieux, le duo recrute ensuite trois autres membres: Pirzo, le batteur de Brisa Roché, le vidéaste Flashbacker, et Asako Fujimoto qui vient apporter sa voix frémissante sur quelques morceaux lorsqu’elle ne joue pas de ses synthés et ukulélé. Avec autant de potentiel sur le papier, les comparaisons vont donc fuser, même si la richesse et le côté foutraque de leur style leur procure une certaine singularité.

En commençant sur les ondes radios brouillées de « Bain de Cendres », Two Left Ears donne la première impulsion au développement du caractère entropique de ce « Lazy Trace ». Toujours au milieu d’un désordre bien rangé, ils avancent dans le brouillard sans oublier de mettre leurs feux, et font fort dès la seconde piste: « While Time Was Leaving Street And Corners », bijou d’electronica massive et organique, télescope une présence acoustique et une âme électronique, aussi imprévisible soit elle. Leurs influences pour la musique classique et improvisée éclatent clairement sur « Light Sensitive Dilatation » où un sample de diva court après un beat nerveux, ou sur l’orchestral « A Night Parade With Pinocchio » qui se mue en un morceau doté de la même pureté dérangeante que Four Tet.

Mais comme tout bon disque a ses petits bémols, ce « Lazy Trace » n’y coupe pas quand les Two Left Ears en font trop sur « Cadence Ecarlate » qui perd sa cohésion sur la longueur, et sur « Birds Under Valium » où la voix d’Asako se fond difficilement dans le décor. Cependant, cette dernière peut avoir l’effet d’une délicate couche de buée sur la carreau, comme sur l’opulent « Cliché ». Outre le puissant « Overnight Scratch » qui mitraille de partout, les membres fondateurs n’oublient pas leurs premiers amours et déclinent le hip-hop à leur sauce avec notamment le glitch-hop barré de « Red Wine and Cigarettes » ou l’abstract et cristallin « 18ème » qui effectue des sorties de routes jouissives de sa boîte à musique.

A noter que l’album, en écoute ci-dessous, est disponible ici au téléchargement à prix libre. Ce qui ne force pas pour autant les radins à le télécharger gratuitement. CQFD.

En écoute

Disponible sur
itunes24

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