Two Left Ears – « divAAAtion »

two180Album
(Laybell)
30/03/2012
Electronica

Le trajet Paris-Lille, c’est une heure en TGV. Mais il existe des raccourcis. Le duo Two Left Ears bâtit un pont d’une ville à l’autre et établit la connexion musicale en confrontant deux mondes radicalement opposés. Le côté soigné et sérieux du conservatoire se laisse volontiers importuner par le caractère détaché de la bidouille électronique, une formule qui a fait ses preuves sur un premier album, « Lazy Trace« , sorti l’année dernière sur Laybell. Compilation paresseuse de morceaux déjà existants, ce premier essai reste encore aujourd’hui une bonne manière de découvrir comment sont câblés ces deux garçons, en plus de les avoir aidés à ouvrir le show pour des mecs comme Luke Vibert, Cut Chemist, ou Gonjasufi. Ici, le mode de réflexion est totalement différent, puisque « divAAAtion » a cette fois-ci été pensé comme un véritable album, avec une introduction et une conclusion, une approche alors inédite pour ce tandem complémentaire qui mérite plutôt une bonne note à l’exercice. Moins foutraque et plus méthodique que son prédécesseur, l’opus ne table pas sur quelques morceaux qui sortent du lot, mais préfère afficher un ensemble cohérent qui combine encore samples triturés, pensées expérimentales, et évasions concrètes. La douceur et la régularité des cordes se frottent alors aux déstructurations sur « Marshmallow Lento e Largo », jolie pièce electronica intimiste, au même titre que « Jaydiva’s » et son jeu d’échantillonnages  oscillant entre quiétude et inquiétude avant de se laisser aller vers une débauche 8-bit. Two Left Ears parvient même à perturber les sens avec ce malsain « Meredith Palpite » où cette respiration haletante et pesante laisse la porte ouverte à des mutations soul. A la manière de « Fuori Tutto » et ses nappes épaisses à la Christian Fennesz, le duo continue de flirter avec la musique contemporaine pointue tout en restant globalement accessible. Les deux Mathieu jouent ici les équilibristes, grâce notamment à une science du beat qui aide à conserver un certain groove, même discret, sur cet album court (trente petites minutes). Sans doute une façon de s’obliger à concentrer les (bonnes) idées sans faire de zèle…

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