Two Gallants – ‘We Are Undone’

Album / ATO – Pias Cooperative / 02.02.2015
Indie blues rock

The Bloom & The Blight‘, en 2012, marquait une nouvelle étape sur la route déjà bien entamée de Two Gallants. Erigé sur la même base blues folk que ses prédécesseurs, l’album concrétisait l’intensité originelle des compositions du groupe par un recours régulier aux lourds accords de guitare: une nouvelle approche diablement efficace, en parfaite harmonie avec la tension, voire la souffrance que peut parfois dégager Adam Stephens dans les derniers retranchements de son chant. Désormais branché sur 220 volts, et armé de tubes imparables (‘Halcyon Days’ notamment), le duo s’est ensuite fendu d’une longue tournée, jusqu’à s’octroyer le temps nécessaire à la conception de ‘We Are Undone’, un cinquième opus réservant encore quelques surprises malgré qu’il soit finalement vite arrivé.

Car il semble que Two Gallants n’envisage pas de sortir un nouveau disque sans ajouter une pierre supplémentaire à son édifice. A chaque album son identité donc, et ‘We Are Undone’ ne fait pas exception à la règle, bien qu’il prenne le temps de dévoiler le nouveau faciès de ses deux géniteurs. En effet, difficile de ne pas considérer l’entame de cet opus comme une suite logique de ‘The Bloom & The Blight’. Du haut de son riff particulièrement aiguisé, l’entame éponyme renoue brillamment avec la force, ‘Incidental’ et ‘Fools Like Us’ – réussis bien que sans grande originalité – lorgnent plus volontiers vers les mélodies simples et efficaces du rock classique, avant que Two Gallants amorce – avec ‘Invitation To a Funeral’ et un ‘Some Trouble’ bercé trop près des Black Keys – une longue phase transitoire vers les profondeurs de sa musique.

C’est alors, avec quelques-uns des titres les plus sombres de leur discographie, que Stephens et Vogel déballent véritablement ce qu’ils ont dans le ventre, dépècent le noyau de ce nouvel album bien enfoui sous une face B un poil léthargique mais loin d’être rédhibitoire. Là, ‘My Man Go’ surprend par son étonnante langueur, tout comme la berceuse folk ‘Katy Kruelly’ interprétée en guitare/voix, et celle de ‘Heartbreakdown’ accompagnée d’une rythmique minimale. Pourtant, c’est dans sa conclusion que ‘We Are Undone’ atteint l’apogée de son émotion: l’intense et électrique ‘Murder The Season/The Age Nocturne’, comme ‘There’s So Much I Don’t Know’ sur lequel Adam Stephens troque sa guitare pour le piano, sont autant de promesses de voir encore – à l’avenir – le duo déboucher son horizon.

‘We Are Undone’, ‘Murder The Season/The Age Nocturne’, ‘There’s So Much I Don’t Know’

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