Twin Pricks – ‘This Might Be The Last Time You’ll Ever Hear From Us’

Album / Specific / 21.11.2013
Indie rock 90

Avec leur nom à consonance lynchienne et les influences qu’ils revendiquent haut et fort, les Messins de Twin Pricks – nés sur les cendre de projets nettement plus dévoués au hardcore chaotique – sont clairement de ceux que les années 90 n’ont pas laissé indifférents. Affirmant sans rougir s’être gargarisé à l’émo des Get Up Kids (‘How To Fall In Love’), à la pop de Grandaddy (‘Landmine’), ou à l’ingéniosité de la scène de Washington DC (‘Let Go’), le quatuor assume pleinement ses influences, et envoie donc sans complexe ni scrupule ‘This Might Be The Last Time You’ll Hear From Us’: un premier album qui transpire à pleine peau l’indie rock d’alors, et nous y replonge dans un vent d’insouciance juvénile retrouvé. Loin des clichés surfaits, bien qu’il nous démange d’aller décrocher en plein mois de novembre les chemisettes à carreaux de leurs cintres, ce disque lève le voile sur des musiciens inspirés et capables de nous surprendre à tous moments de compostions bien ficelées. Pour preuve, quand l’énergie est débridée et que la rythmique s’emballe, les gimmicks de guitare sont tapageurs, les chants s’élèvent dans de belles et redoutables mélodies, comme en témoignent les excellent ‘Rollercoast The Holocaust’ et ‘The Race’. Le groupe sait aussi soigner ses envolées dans des fins de morceaux massifs et aériens, faisant la part belle aux saturations bien contrôlées (‘Bulleye’, ‘Smile’ et son rythme à connotation world). Pourtant, sur une autre facette plus mélancolique de ‘This Might Be The Last Time You’ll Hear From Us’, la donne change. Louchant vers un univers plus pop, voire naïf, le disque souffre de fragilité sur certains arrangements (‘Vice’), plus particulièrement sur le titre éponyme final, tentative électro-pop ratée tant chant et instruments ne parviennent jamais vraiment à choisir leur registre. C’est donc quand ils balancent la sauce à coups d’intentions tendues que les messins de Twin Pricks se montrent les plus redoutables. Il leur reste désormais à affûter leur dualité musicale, et opter pour des choix artistiques plus affirmés pour ne plus seulement se contenter de souffler un vent d’air frais.

‘Rollercoast To Holocaust’, ‘The Race’

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