Turbo Panda – ‘Turbo Panda’

Ep / La Machine Folle / 17.11.2014
Emo punk

Sous l’impulsion de diverses reformations plus ou moins convaincantes, l’indie rock cher aux années 90 a récemment fait un retour en grandes pompes. Avec lui, les accords généreusement plaqués, les riffs subtilement décrochés, et des mélodies qui finissent de signer des tubes secouant encore ceux qui les ont entendus naitre. Si Turbo Panda débarque de nulle part avec un premier Ep, qu’on ne s’y trompe pas: ces trois là décapsulaient déjà leurs bières au moment ou Nirvana sortait son ‘Nevermind’, mais préféraient grandement s’abreuver de la spontanéité de Jawbreaker comme de l’intelligence qui a longtemps caractérisé les productions Dischord, tout en opérant déjà un tri très sélectif au sein d’un émo dont le succès voyait poindre ses premiers balbutiements.

Pas d’opportunisme ici donc, encore moins de prétention, seulement des vieux de la vieille autrefois croisés chez Powell, Hippies of Today et Cassius Belly, qui composent, jouent encore et toujours pour le plaisir, tout en recrachant des influences bien digérées au bout de plusieurs milliers de kilomètres de sillons parcourus. Réunis depuis 2012, tous trois – forts de leurs expériences respectives – ont longtemps tâté le terrain, cherché une osmose assez solide pour que quatre titres vaillent enfin le coup d’être immortalisés. Désormais entre nos mains, enrobés d’une belle pochette et gravés dans le bleu, ils défendent l’approche d’un Turbo Panda qui, à l’instar de toute formation émo punk actuelle, se montre plus véritablement en quête d’efficacité que d’originalité.

A ce titre, avec toujours la mélodie en guise de fil rouge, le trio touche au but. Dès l’entame, et après quelques écoutes qui finissent de le révéler, ‘Pure’ laisse parler la poudre en reprenant subtilement à son compte la rythmique enjouée qui dictait les premiers pas de Q And Not U, tout en multipliant des changements de rythme aussi discrets qu’efficaces pour que jamais le morceau ne perde de son intensité. Une recette ensuite dupliquée sur un ‘I Don’t Trust You Anymore’ plus immédiat, plus ancré dans le punk mélodique du San Francisco des nineties, et qui offre au chant – garant de cette authenticité de l’époque – une nouvelle opportunité de multiplier les envolées. S’il serre un peu moins fort, ‘Dead Zone’ prend tout autant à la gorge mais préfère la profondeur au frontal: une façon classique d’introduire ‘Kill Me Now’ en guise de dessert sucré-salé, limité par le chant sur ses couplets mais frappé d’un refrain taquin sur ses faux-départs, puis flamboyant quand il lâche prise. Les braises désormais incandescentes, ne reste plus qu’à souhaiter assez de souffle à Turbo Panda pour libérer le grand incendie.

‘Pure’, ‘I Don’t Know You Anymore’

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