Tu Shung Peng – « Trouble Time »

Trouble Time[Album]
22/09/2008
(Makasound/Pias)

Initialement autoproduit, le backing band Tu Shung Peng s’est associé depuis quelques mois au label Makasound afin de continuer à diffuser son travail de création, au-delà de l’accompagnement scénique. Une association qui s’avère très fructueuse et intéressante pour un monde du reggae en mal de nouveaux talents. Le premier album du collectif, « Around Tu Shung Peng« , ressorti récemment sur Makafresh, nous avait en effet amplement prouvé le potentiel des zicos parisiens, offrant un ensemble de collaborations artistiques exigeantes et modernes, tout en restant fidèle à la tradition roots and culture. « Trouble Time » se présente ainsi comme sa suite logique, sorte de deuxième volume d’une série de featurings qui ne cesse de s’étendre.

Les Tu Shung Peng proposent cette fois-ci des versions enregistrées avec les interprètes les plus en vogue du roots contemporain, à commencer par Michael Rose, Ranking Joe ou Rod Taylor, au risque d’afficher un tracklisting d’une relative banalité… Car si celui d' »Around Tu Shung Peng » présentait une originalité très appréciable (on se souviendra longtemps du somptueux featuring avec Justin Hinds), les collaborations de « Trouble Time » rappellent à regret la plupart des albums de sound systems du moment. Malgré la carrure de son « Babylon Pressure », teinté de mélancolie contenue, Michael Rose en deviendrait presque irritant, tant sa voix est aujourd’hui entendue à tort et à travers… De même pour Rod Taylor ou U Roy qui signent avec « Love Grows » et « Acting Funny » des titres on ne peut plus classiques. Une poignée de morceaux mérite tout de même le détour, comme « I’m A Believer » feat. Derrick Harriott et Bunny Brown, dont on retiendra la touche délicieusement jazzy, « Sleepy Head » auquel Clinton Fearon (ancien bassiste et choriste des Gladiators) donne des accents « yardies » réjouissants, ou encore « True Love Can Never Die », admirable production portée par le cri sourd du mélodica et l’élégante performance du trompettiste Johnny « Dizzy » Moore des Skatalites. Le backing band réalise ainsi quelques coups de maîtres aux côtés de légendaires vétérans, mais il manque malheureusement à l’ensemble de cette galette la petite étincelle qui lui permettrait de se détacher aisément du lot des productions roots actuelles. Sans remettre en cause la fluidité irréprochable de l’instrumentation des Tu Shung Peng (rythmiques tranchantes, cuivres chantants, envolées dubisantes), on aimerait que le backing band parvienne à se distancier davantage des carcans et des formats du genre. Une exigence peut-être un peu excessive, mais qui montre à quel point on fait confiance à ce groupe et à ses capacités d’innovation pour tirer vers le haut la scène reggae-roots française. A suivre..

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