Trentemoller – « The Last Resort »

The Last Resort[Album]
11/10/2006
(Poker Flat/La Baleine)

Jusqu’à aujourd’hui, Trentemoller s’était plutôt fait un nom dans le microcosme de la club culture européenne, grâce à une poignée de maxis imparables et quelques remixes tout aussi percutants (Röyksopp, Pet Shop Boys, The Knife, Moby…). La surprise est donc de taille à l’écoute de « The Last Resort », son premier long format, sorti sur le label allemand Poker Flat de Steve Bug. Le résultat doit en effet autant au downtempo ouaté des viennois de Kruder & Dorfmeister qu’à l’electronica cliqueteuse de Boards Of Canada. Pas exactement de quoi retourner un dance-floor, donc, mais un superbe opus qui devrait en toute logique lui ouvrir une audience beaucoup plus large

Trentemoller fait de toute façon partie d’une famille d’artistes (aux côtés des anglais Matthew Herbert et Nathan Fake, ou des allemands Maurizio et Isolée…) qui a toujours refusé de cantonner la house et la techno aux seules pistes de danse, pour en faire une musique plus complexe et par conséquent plus captivante. « The Last Resort » nous en fait la parfaite démonstration en treize titres sublimes aux basses envoûtantes et aux nappes marmoréennes. On pourrait même presque penser à une évolution possible d’un Massive Attack post-« Mezzanine », qui aurait en tout cas largement valu celle que le gang de Bristol a finalement choisie

Malgré sa nationalité danoise, Anders Trentemoller avance à teuton (oui, on fait ce qu’on peut!) dans ce premier album qui fleure bon les soirées techno minimale berlinoises dans ses premiers tracks (cf. « Take Me Into Your Skin », l’abyssal « Evil Dub ») pour se laisser ensuite doucement aller dans des méandres dub (« Nightwalker », « Like Two Strangers »…) et s’achever sur des perles presque electro-pop (les magnifiques « Moan » et « Miss You »…)

Trentemoller a aussi cette particularité qu’il ne vient pas des musiques électroniques à la base. Musicien dans des groupes de rock new wave pendant des années, il découvre vraiment les machines, comme beaucoup de rockers, grâce au trip hop de Bristol ou à la French Touch de la fin de 90’s. Il n’oublie donc pas le groove d’une ligne de basse jouée (« Vamp ») ou la tristesse d’un arpège de guitare (« The Very Last Resort ») pour venir diversifier les ambiances de cet album vénéneux

Comme le montre son visuel, « The Last Resort » se révèle un disque tortueux, grisâtre et embrumé. Plus de doute, l’automne est bien là. Et on vient assurément de trouver sa bande-son..

NB : Il existe une version collector de l’album avec un CD bonus qui rassemble quelques maxis du bonhomme qui vous illustreront l’univers pour lequel le Danois était auparavant réputé, ainsi que deux versions vocales de morceaux de « The Last Resort ». Si vous n’êtes pas à quelques euros près, cette version est plus que conseillée

TracklistingDisc 11.

1. Take Me Into Your Skin     
(extrait) 2.
2. Vamp     
(extrait) 3.
3. Evil Dub     
(extrait) 4. Always Something Better 5. While The Cold Winter Waiting 6.
4. Nightwalker     
(extrait)7.
5. Like Two Strangers     
(extrait) 8.
6. The Very Last Resort     
(extrait) 9. Snowflake 10. Chameleon 11. Into The Trees (serenetti part 3) 12.
7. Moan     
(extrait) 13.
8. Miss You     
(extrait)Disc 21. Always Something Better (Vocal Version feat. Richard Davis)2. Moan (Vocal Version feat. Ane Trolle)3. Physical Fraction 4. Polar Shift 5. Chameleon6. Sunstroke 7. Always Something Better (Trentemoller Remix)8. Nam Nam 9. Killer Kat 10. Rykketid 11. Prana

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