Trail Of Dead – « The Century Of Self »

trail180Album
(SPV)
02/03/2009

Quoi de plus louable finalement que de vouloir innover à chaque album? Chez …And You Will Know Us By The Trail Of Dead, on en a fait son cheval de bataille. Ainsi, jamais le combo a profité de sa solide réputation pour virer à la facilité, et servir à son public ce qu’il a toujours particulièrement apprécié chez lui. Bien au contraire, se rallier à sa cause, c’est aussi se laisser guider par lui, par son inspiration comme jamais rassasiée, toujours prête à se lancer dans la moindre brèche que le rock n’roll lui ouvre. Preuve en est sa discographie, jonchée de rebondissements souvent provocants depuis l’excellent «Source Tags And Codes» qui n’avait pas manqué de convaincre la frange la plus exigeante du public indie rock, jusqu’à «So Divided», dernier chapitre en date, qui inaugurait un virage pop aussi surprenant que bluffant de maîtrise.

Impossible donc que The Trail Of Dead tombe cette fois dans le déjà entendu, et passe inaperçu. Le récent Ep «Festival Thyme» (dont on retrouve ici «The Bells Of Creation» et «Inland Sea») ne manquait d’ailleurs pas d’annoncer la couleur plus progressive de «The Century Of Self»: une voie confirmée dés l’entame «Giant Causeway», que les Texans désormais localisés à Brooklyn, n’avaient pas encore approfondi à ce point. Ainsi embarqués, et malgré une plus forte présence du piano qui pourrait en rebuter certains (surtout sur les deux «Insatiable» en fin de tracklisting), ils n’abandonnent pas pour autant cette bonne habitude d’offrir beaucoup de mouvements au sein même de morceaux, de ce fait relativement imprévisibles («Halcyon Days»). Ainsi, et sans surprise, les changements de cap sont réguliers tout au long de ce nouvel album, malgré tout des plus cohérents et accessibles (les allures de ballade de «Fields Of Coal» et «Pictures Of An Only Child»). Chose assez rare, il faut l’avouer, quand il s’agit d’orchestrations et d’arrangements si poussés.

«Far Pavillions» et surtout «Isis Unveiled», incontestablement deux des temps fort de cet opus, chacun entrecoupés par un long break épique, en sont de belles illustrations. Et ils ne sont évidemment pas seuls à faire de ce disque une réussite: «Luna Park», longue montée en intensité, souligne toute l’étendue de la voix de Conrad Keely, comme «Ascending» met en lumière les idées et la belle complémentarité des deux chanteurs. Soit autant d’armes qui justifieraient sans peine que The Trail Of Dead, bien que plus marginal et un brin plus cérébral que ses homologues, finissent par parler à un public aussi large que celui de grosses locomotives pop actuelles. Et si ça ne fait pas de «The Century Of Self» son meilleur disque, il n’en reste pas moins un album sur lequel il faut longuement s’attarder.

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