Ticklah – « Ticklah vs Axelrod »

Ticklah vs Axelrod[Album]
15/10/2007
(Easy Star/Nocturne)

Clavier d’Antibalas depuis 1999, membre de la première formation de Sharon Jones & The Dap Kings, fondateur des Easy Star All Stars, mais aussi clavier sur certains titres de Robbie Wiliams, Lily Allen et Amy Winehouse, Ticklah est l’archétype de l’artiste pluriel, visant le métissage des genres dans ses multiples expériences (l’album « Radiodread« , composé avec les Easy Star, en est un très bon exemple). Tous ces projets communs n’empêchent cependant pas Ticklah de suivre son bonhomme de chemin en solo, poursuivant ses découvertes sonores comme en témoigne son dernier opus en date, « Ticklah VS. Axelrod ». Détrompez-vous, ce nouveau projet n’est pas une rencontre entre deux artistes, mais bien plutôt un face-à-face intime entre Victor Axelrod aka Ticklah et lui-même. Le musicien dans l’âme a su néanmoins s’entourer une fois de plus de précieux talents à l’instar de ses acolytes d’Antibalas, mais aussi de Tamar-Kali, Mikey General, Mayra Vega ou encore Rob Symeonn

« Ticklah Vs. Axelrod » est donc le fruit d’une collision entre les deux univers qui fondent la personnalité du new-yorkais: l’expérimentation electro-dub d’un côté, l’art des claviers de l’autre. « Two Face », premier titre de l’album, est (comme son nom l’indique) l’incarnation de cette dualité alléchante, invitant au voyage dans des contrées dub-roots aux influences « yardies » évidentes, teintées de belles nappes de clavier. Dans ce registre, Ticklah s’en sort plutôt pas mal, signant des dubs sympathiques et travaillés (« Pork Eater », « Nine Years ») mais un peu contemplatifs, manquant parfois cruellement de tonus et d’inventivité (« Scratch To Win », « Nature Loving Dub », « Queen Dub », ou encore « Rescue Me », dans lequel Mikey General est loin d’être à son meilleur niveau…)

Les choses deviennent nettement plus intéressantes lorsque Ticklah entreprend de marier son expérience au sein des Easy Star All Stars avec son inclination viscérale à saisir toutes les énergies sonores qui se dégagent de l’underground new-yorkais… On ne peut que se réjouir du résultat à l’écoute de « Want Not », en featuring avec la chanteuse Tamar-Kali (native de Brooklyn définissant son identité aux frontières de la soul, du hardcore et du punk), révélant un dub-soul vaporeux du plus bel effet, ou, dans le même genre, de « Deception », dans lequel la voix de Vinia Mojica nous perche littéralement. Mais ce « Ticklah VS. Axelrod » tire surtout sa force des deux reprises du pianiste latin-jazz Eddie Palmieri, « Mi Sonsito » et le sublime « Si Hecho Palante », en featuring avec la chanteuse hispanophone Mayra Vega (du crew Antibalas), mêlant à merveille l’énergie sensuelle de la salsa et la langueur du one-drop

Vous l’aurez compris, si ce nouvel album de Ticklah contient sans conteste de véritables perles, on regrette qu’il demeure dans l’ensemble trop consensuel, et, au final, assez peu audacieux au regard de ce que l’on aurait pu attendre du personnage et de son potentiel énorme. Le producteur de Brooklyn aurait en effet tout intérêt à pousser un peu plus loin le vice de la schizophrénie musicale à l’avenir… Car, en toute honnêteté, il ne manque pas grand-chose pour que Ticklah parvienne une bonne fois pour toutes à clouer le bec aux auditeurs exigeants qui ne demandent qu’à voir éclore un renouveau du roots sous toutes ses formes..

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