Thursday – « No Devolucion »

thu180Album
(Epitaph)
11/04/2011
Post hardcore réinventé

Thursday nous l’avait bien dit, « No Devolucion » va sérieusement changer la donne: le groupe ne sera plus seulement un ovni dans le milieu du post hardcore, mais un ovni tout court. En somme, après avoir été capable de l’excellence, subi quelques passages peu inspirés, après avoir connu les joies et les peines du musicien placé sur un piédestal, la bande de Geoff Rickly se serait enfin trouvée. De quoi attiser la curiosité, mais aussi susciter toutes les craintes du monde chez un fidèle public pourtant rassuré par le très bon « Common Existence » en 2009.

Il sonne ainsi comme une évidence chez Thursday aujourd’hui: si ce sixième album n’avait pas soufflé un vent nouveau, c’était le groupe tout entier qui voyait sa légitimité remise en question. Les bougres n’y sont donc pas allés avec le dos de la cuillère, comme pour se prouver qu’il leur était impossible de fragiliser ce socle qui les tient tous debout, que leurs réflèxes de survie étaient encore intacts, comme cette incroyable propension qu’il a à continuellement se régénérer. Sur « No Devolucion », il ajoute alors la subtilité à ses nombreux atouts, celle qui s’entend alors qu’il multiplie de nouvelles influences avec lesquelles il semble définitivement à son aise (« No Answers », « Magnets Caught In a Metal Heart », « Past And Future Ruins »). Un petit exploit quand on sait que tous les titres ont été composé le temps d’une semaine.

De ce fait, hormis l’entame « Fast To The End », puis plus tard « Open Quotes », « Millimeter » et « Turnpike Divides » sur lesquels Thursday en appelle au passé tout en affichant ses nouvelles velléités, le dépaysement sera clairement au menu. Le combo du New Jersey s’offre là la réalisation de tous ses désirs, de toutes ses libertés, pour enfanter du disque gracieux et expérimental qu’il avait toujours voulu sortir sans forcément oser concrétiser. Parmi les nombreuses évolutions, plus de ce screamo originel par exemple. Ici, Geoff Ricky chante pour de bon – la dévotion à long terme surtout – le plus souvent dans un contexte aussi surprenant que bouleversant, totalement inédit chez lui (le planant et épuré « Empty Glass », « A Gun In The First Act » et sa rythmique tribo-expérimentale notamment). Car si « No Devolucion » demande un certain temps d’adaptation, il révèle très vite cette immense originalité qui n’en fait peut-être pas le meilleur album de Thursday, mais de loin le plus personnel et abouti.

En écoute


Disponible sur
itunes12

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