Thundercat – « Apocalypse »

Album
(Ninja Tune / Brainfeeder)
08/07/2013
Hybride funky

« The Golden Age of Apocalypse » il y a deux ans, « Apocalypse » cette année… Visiblement, le sujet attire Thundercat. Pourtant, pas de catastrophe naturelle, ni d’extinction de l’humanité, ou d’explosion nucléaire dans des textes abordant plutôt simplement l’amour ou l’amitié. Stephen Bruner – bassiste au sein de quelques groupes de prestige, issu d’une famille de musiciens confirmés – est un gars sage qui ne cherche qu’à faire le bien en partageant sa passion innée pour la musique. Mais aujourd’hui, aucun doute n’est possible sur l’identité de son partenaire musical favori, un Flying Lotus qui co-produit une nouvelle fois ce second opus aussi frais et sincère que son prédécesseur. Il faut dire que, même depuis bien avant 2011 et le premier album, ces deux-là ne font que se titiller à coups d’étroites collaborations. En faisant souffler une petite brise agréable au-dessus de Los Angeles grâce à un son mutant appelant à la fois la black music et la bass music à la barre, le duo signe sans aucun doute ici l’opus le plus accessible du catalogue compliqué de Brainfeeder.

Les jurés ne tranchent d’ailleurs jamais et laissent l’accusé s’exprimer pleinement en poussant bien plus largement sa voix au premier plan, comme le montre l’intro « Tenfold » habilement mise en apesanteur par les arrangements cosmiques de son patron de label. Une entente somme toute logique lorsque qu’on met deux gars inspirés dans un même studio. Le résultat est donc rarement mauvais, même lorsqu’ils se permettent un bœuf de rock jazzy progressif (« Seven »), s’aventurent sur des contrées clairement pop, ou quand le format chanson prend parfois le lead sur d’épisodiques freestyles laissant parfois perplexes par leur manque d’évolution (« The Life Aquatic »). C’est donc doté d’un grand potentiel émotif dans sa voix que Thundercat accompagne sa basse et les éléments free-jazz hybrides de son collègue: une alchimie qui opère avec classe sur des morceaux soulful comme « Special Stage » ou « Heartbreaks + Setbacks », chanson d’excellente facture encore plus purifiante qu’un Perrier-citron un jour de canicule. Avec quelques surprises telles que « Oh Sheit it’s X » – petit bijou qui groove façon P-Funk moderne et qui rendrait jaloux les inventeurs du genre – Thundercat nous promène sur une partition où, jusqu’au final cinématographique « A Message For Austin », ne pendent que des notes saines…

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