Three Second Kiss – « Long Distance »

Long Distance[Album]
21/04/2008
(Africantape/Pias)

On n’accouche pas d’un rock chirurgical comme celui de ce « Long Distance » sans quelques années d’expérience, quinze exactement dans le cas de Three Second Kiss. Car depuis 1993, ce combo de Bologne a toujours pris le temps de soigner sa crédibilité. Que ce soit en confiant la production de ses quatre albums à des oreilles particulièrement affûtées et familières à son genre musical (Iain Burgess), à des labels avec qui il ne pouvait dissimuler quelques affections partagées (Slowdime), ou en se joignant aux tournées de quelques grands pontes (June Of 44, Blonde Redhead, Uzeda, Shipping News)

Mais les vrais acolytes de ces Italiens sous-estimés restent sans aucun doute les très exigeants et mythiques Shellac. Avec eux, ils auront tourné, se seront fait inviter à leur All Tomorrows Parties de 2002, sans compter le fait qu’Albini se soit vu confié la production des deux derniers opus. Manquerait plus que le trio de Chicago crée son label et Three Second Kiss, bien qu’européen, pourrait en être la première signature. D’autant plus que « Long Distance », son nouvel album mettant fin à quatre ans d’absence, ne démentira pas cette solide relation

Aucun doute, le groupe flanquerait quelques bonnes fessées s’il décidait de s’attaquer plus sérieusement encore à la scène américaine. Surtout qu’il a cette fois décidé d’emprunter un chemin plus direct pour arriver à ses fins, ce qui ne manquera pas de le rapprocher un peu plus de ses parrains, avec qui il partage plus que jamais ce son brut et sans fioriture, une intensité suffocante, et cette énergie aussi destructrice que maîtrisée (« I’m a Wind », l’excellent « Inexorable Sky »). La marque des grands

Celle qui rappelle aussi The Ex quand Three Second Kiss décide, ici ou là, d’apporter un peu de rondeurs à sa musique (« You Are The Music »): une option finalement peu surprenante, les Hollandais étant eux aussi de fervents adeptes du découpage en règle, de ces casse-têtes rock où l’on décide par alternance de donner champ libre aux guitares, puis à la basse, pour créer cet incessant va et vient, cette succession de plans, qui fait toute la richesse d’un tel disque. De ce fait, « Long Distance » est un véritable instantané, un de ces opus immortalisant un instant unique, puisque infiniment difficile à rejouer une deuxième fois à l’identique. Dites vous qu’il n’est jamais trop tard..

Ecoutez un extrait ici.

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