The XX – « Coexist »

thexx180Album
(Young Turks)
10/09/2012
Drama pop

Inutile d’expliquer pourquoi le second album de The XX était attendu dans le monde entier. Prévu plus tôt mais repoussé, ce ne fut pas sans dommage collatéral, notamment pour le festival La Route du Rock où le trio a joué l’arlésienne, distillant peu d’informations à son sujet, hormis la perspective d’être dominé par les influences house et dubstep de Jamie XX. Pour autant, la parution de l’ennuyeux single « Angels » et leur prestation mitigée à Saint-Malo n’avaient ni rassuré ni présagé de virage si important.

C’est d’ailleurs avec ce titre que les Britanniques ont choisi d’ouvrir « Coexist ». Toujours beau, enivrant et vaporeux, il ne dégage néanmoins pas toute l’intensité attendue. Son successeur, « Chained », rassure, poussé par le beat minimal de Jamie XX, et se fait même le tube incontestable de ce nouvel album. À l’instar de « Fiction », The XX prend de l’ampleur dès lors qu’il laisse le pouvoir à son producteur et ses rythmiques, écho indispensable aux voix de Romy et Oliver. De fait,  »Coexist » ne fonctionne pas, trop souvent enfermé dans des compositions épurées au-delà du raisonnable et dans des pleurnichements relativement harassants (« Missing », « Unfold »).

Aussi mignons furent-ils trois ans auparavant, sublimés par leur aura de post-adolescents trop fragiles pour supporter ce monde, les deux vocalistes continuent de jouer sur une corde si sensible qu’on aimerait qu’elle lâche définitivement. Loin de nous l’idée d’être de marbre face aux histoires d’amour impossible mais il est peut-être grand temps que The XX ne nous prenne plus à témoin de ses difficultés affectives. Ainsi, l’hystérie implicite se dégageant de leurs visages impassibles n’est pas loin de nous ramener au temps où nous voulions gentiment bizuter Tears for Fears pour leurs bouffonneries.

Dur d’en arriver à ce constat implacable pour un groupe qui, finalement, n’a aucunement revendiqué la hype qui l’entoure depuis ces trois dernières années. De plus, les fondamentaux de la formation restent présents et une triplette de titres comme « Swept Away », « Sunset » ou « Reunion » nous comble aisément. Simplement, il n’y avait pas besoin d’une redite. Le temps a passé et, avec lui, nos sensibilités. Alors qu’auparavant, leur candeur virginale brisait nos cœurs, elle fait aujourd’hui de même avec nos basses parties. En-soi,  »Coexist » ne constitue pas un échec mais une simple réunion de faces B. À croire que l’éjection de la bassiste Baria Qureshi a engendré davantage de torts que prévu, et qu’il faudra dorénavant guetter les travaux de Jamie XX pour retrouver un peu d’audace.

itunes29

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