The Whip – « X Marks Destination »

X Marks Destination[Album]
24/03/2008
(Southern Fried/Import)

Si vous n’êtes pas du genre à épier le moindre fait et geste du label Kitsune, ou si vous n’étiez pas de ces quelques centaines de chanceux présents lors de leur prestation aux dernières Transmusicales de Rennes, The Whip ne vous évoqueront certainement pas grand-chose. Il faut dire que sur papier, quand le combo de Manchester est présenté comme un nouveau rejeton de la scène nu rave, à la fois digne descendant de ses aînés locaux et progéniture toute trouvée du couple Kraftwerk/New Order, on ne s’attend à rien d’autre qu’à des influences bien imprégnées et impeccablement resservies. Question d’habitude à force de voir s’entasser ces jeunes rockeurs tombés sur l’imposante discothèque d’un grand frère passant alors subitement du statut de ringard à celui de demi Dieu. Comme eux, The Whip n’inventent donc absolument rien, mais s’en tirent brillamment en faisant preuve d’une redoutable et constante efficacité

C’est donc logiquement qu’ils alignent les tubes, s’amusent à retourner les dancefloors comme des crêpes, et cela qu’ils puisent dans leurs deux principaux penchants, le rock et l’electro. « X Mark Destination » semble donc marcher sur les traces du « I Created Disco » de Calvin Harris, avec qui The Whip partagent ce goût d’une recette presque systématique, déclinée à l’infini, mais toujours portée par une approche mélodique vénéneuse et un habile jongle des intensités. L’ouverture « Trash », point d’orgue de cet album, en est la plus flagrante illustration en résumant à lui seul le savoir faire du groupe en matière de tubes tout droit sortis de la grande marmite des années 80, pourtant pas toujours synonyme de grande cuisine. Chaque instrument y amène tour à tour sa contribution groovie et mélodique, les synthés jouent l’intensité croissante, cassant la linéarité de lyrics répétitives et de rythmiques légèrement hypnotisantes

D’autres, tout aussi bien amenés mais peut être pas aussi immédiats, ne souffriront cependant pas très longtemps de la comparaison: « Divebomb » dégueule sa saturation et cute les voix à la manière d’un Justice, la mélodie entêtante de « Blackout » en fait un grand moment dance punk, le brillant « Sister Siam » rappelle inévitablement la patte LCD Soundsystem… Encore, les derniers affamés et irréductibles des pistes de danse pourront toujours s’octroyer une dernière louche, plus facultative, à l’écoute des « Fire », « Muzzle#1 », et « Frustration ». Mais les Anglais ont plus d’un tour dans leur besace. Une évidence quand, même en de rares occasions, ils se mettent à ralentir le tempo, et laissent parler des influences pop, définitivement synthétiques, soulignant par la même occasion la justesse parfaite du chant. Là encore, « Sirens », et surtout « Save My Soul » aux délicieux relents disco/funk, comme le final « Dubsex », laisseront indubitablement quelques traces dans les mémoires de mélomanes

Si on a pu parfois tirer à boulets rouges sur cette musique écoeurante héritée des années 80, The Whip nous amènent à revoir notre jugement le temps de dix titres n’hésitant pas à s’octroyer plus de six minutes pour évoluer et totalement se dévoiler. Question de feeling ou de bon goût, allez savoir, la musique des Britanniques se révèle incroyablement addictive, plus surprenante et fraîche qu’originale, et relaye tout ce qui pouvait passer pour ringard au rang du fun et d’un entertainment à son top niveau. Trop pop pour l’electro, trop electro pour la pop, The Whip confirment leur efficacité live, varient les plaisirs et accouchent très certainement là de l’album banal le plus réussi de cette année. Une jolie récompense quand on écoute de plus près la majorité des sorties

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