…The Trail Of Dead – ‘IX’

Album / Superball / 03.11.2014
Indie post hardcore

Depuis vingt ans qu’il existe, …And You Will Know Us By The Trail Of Dead a tout connu, de ses débuts indie punk fulgurants à quelques albums dispensables plus tard, en passant par quelques remises en question qui l’ont parfois fait se perdre dans des élans prog-rock trop prononcés. Toujours est il que, en 2014, le combo est toujours debout, dressé comme un piquet autour de ses deux cerveaux Conrad Keely et Jason Reece, fidèles à eux-mêmes comme à leur musique, malgré les modes qui passent et les impondérables qui jonchent habituellement le parcours d’un groupe constamment sur les routes ou en studio. Installé dans sa petite routine d’un opus tous les deux ans en moyenne, …The Trail Of Dead sort ces jours-ci un neuvième album aussi rassurant que ‘Lost Songs’ qui, en 2012, voyait le groupe revenir à l’essentiel: le rock et l’intensité de ses guitares.

Pour autant, ‘IX’ n’est pas sans rouvrir quelques brèches à l’affection que le quatuor portait il y a encore quelques temps au prog-rock, à la différence qu’il a incontestablement pris soin de ne pas répéter les mêmes erreurs. Comme un condensé de son parcours, le groupe marie donc ici les guitares à une section de cordes, généralement confinée aux arrangements pour approfondir la richesse des morceaux, soigner la cohérence de l’évolution du disque, tout en ne le laissant jamais tomber dans le cliché ou la caricature. Même si, parce que …The Trail Of Dead ne peut jamais vraiment s’empêcher de sombrer à un moment ou un autre dans la grandiloquence, les instrumentaux ‘How To Avoid Huge Ships’ et ‘Like Summer Tempests Came His Tears’ sont deux exceptions qu’il faudra plutôt aborder comme de longs interludes.

Dés l’entame ‘The Doomsday Book’, on renoue timidement avec deux caractéristiques qui ont toujours fait son identité: l’intensité, et surtout l’approche mélodique devenue facilement identifiable. Comme un tour de chauffe, auquel s’ajoute ‘Jaded Apostles’ orné d’une boucle celtique dont on retrouve quelques bribes via un semblant de cornemuse serpentant en arrière plan de ‘A Million Random Digits’ dont la force déployée lance véritablement les hostilités.

Car la suite n’est que réjouissances, mêmes si l’on considère ‘The Dragonfly Queen’ trop classique, ou le final ‘Sound Of The Silk’ trop diffus: ‘Lie Without a Liar’ déploie véritablement ses ailes sur un refrain tubesque, la ballade ‘The Ghost Within’ joue habilement sur son intensité grimpante, les multiples rebondissements de ‘Bus Lines’ reflètent le talent de leurs géniteurs à jongler avec les contrastes, comme ’Lost In The Grand Scheme’ sa propension à rendre digestes les compositions à rallonge. Ainsi bien armé, ‘IX’ laisse trop peu d’occasions de lui tirer dessus. Au contraire, comme ses prédécesseurs pas toujours si irréprochables, il enfonce lui aussi le clou de la touche …The Trail Of Dead dont le principal ennemi reste, et restera toujours, son déluge d’idées avec lequel il peine souvent à se montrer sélectif. Ici, pour son bien, il a manifestement eu la dent plus dure qu’à l’accoutumée.

‘A Million Random Digits’, ‘Lie Without a Liar’, ‘Bus Lines’

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