The Thermals – « Now We Can See »

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(Kill Rock Stars)
06/04/2009

Il y a presque trois ans, quand The Thermals sortaient «The Body, The Blood, The Machine», ils s’en prenaient ouvertement au gouvernement Bush et à ses fortes accointances catholiques, tandis qu’ils levaient quelque peu le pied, amenant des compositions plus timorées que lors de leur deuxième album «Fuckin A». En 2009, les choses ont changé, le trio a désormais rejoint les rangs du label Kill Rock Stars, Obama a jeté le croqueur de Bretzel de la Maison-Blanche, et The Thermals voient les choses de manière un peu plus optimiste. A moins que «Now We Can See», le titre de ce troisième opus, soit en tous points ironique. Quoi qu’il en soit, ces trois musiciens de Portland revendiquent le qualificatif de post power pop concernant les onze morceaux de ce nouvel opus, bien qu’ils s’inscrivent dans la lignée de leurs prédécesseurs en s’égarant encore plus régulièrement dans des titres mid tempo («We Were Sick», «I Called Out Your Name»), voire mollassons («At The Bottom Of The Sea», «How We Fade»). Car, avec le plus souvent trois ou quatre accords au menu, et même si les lyrics sont un peu plus mis en avant ainsi, The Thermals sont toujours plus efficaces quand ils leur offrent la puissance qui va avec. Pour preuve, les très bons «When I Died» et «When We Were Alive», autrement plus convaincants et plus proches des efforts grunge-garage-punk du passé, qui parviennent impeccablement à retranscrire ce que le duo Foster/Harris, encore épaulé par un nouveau batteur, sait faire de mieux: marier un rock n’roll frontal à l’accroche des mélodies pop. Pourtant, «Now We Can See», tout en marchant sur un fil, possède quelques exceptions qui l’extirpent définitivement du panier des déceptions: notamment ce titre éponyme, ou encore «Liquid In, Liquid Out», tous deux tubesques au point que la première écoute laisse instantanément un sentiment de familiarité. La balance s’équilibre donc entre les progrès d’écriture d’Hutch Harris et l’eau mise dans le vin de The Thermals qui en fait désormais un bon dirty-Weezer. On attendait toutefois bien plus que cela.

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