The Tallest Man On Earth – ‘Dark Bird Is Home’

Album / Dead Oceans / 11.05.2015
Folk en mutation

Kristian Matsson dégage quelque chose. Quelque chose de fort. Derrière ses petites ballades folk et intimistes, l’homme et sa guitare ont toujours su imposer leur présence, réconfortante, chaleureuse. Avec son quatrième album, ‘Dark Bird Is Home’, The Tallest Man On Earth – surnom dont s’est affublé le Suédois – confirme cette impression tout en changeant quelque peu sa recette.

Sur son album précédent ‘There’s No Leaving Now‘, Matsson avait déjà emprunté sur certains morceaux cette nouvelle voie qui consistait à s’éloigner un peu du classique guitare/voix de ses débuts. Ici, pour la première fois, il a enregistré avec un groupe et toutes sortes d’instruments (cordes et cuivres notamment), ce qui confère à quelques morceaux une ampleur jamais entendue chez lui. Parmi les musiciens crédités sur l’album, on retrouve entre autres Mike Noyce au violon et Mike Lewis au saxophone, tous deux partenaires de Justin Vernon sur scène avec Bon Iver. Si cette emphase peine à convaincre sur ‘Timothy’ ou ‘Sagres’, elle prend en revanche tout son sens sur le morceau d’ouverture, un ‘Fields Of Our Home’ qui se termine doucement en majesté, dans une ambiance rêveuse et éthérée. Idem sur ‘Darkness Of The Dream’ et ses violons qui ajoutent une touche celtique à l’ensemble, ou sur ‘Singers’ où la guitare de Matsson est drapée là aussi de cordes délicates.

Mais il faut bien l’avouer, on préférera toujours quand The Tallest Man On Earth retrouve le registre intimiste et plus minimaliste qui lui sied si bien. Sur ‘Beginners’, il nous rappelle à quel point Bob Dylan est une source d’inspiration constante. Dylan dont on croirait qu’il a été repris par Hederos & Hellberg (tiens tiens, encore des Suédois) sur la magnifique ballade au piano ‘Little Nowhere Towns’. Indéniablement l’un des plus beaux moments d’un disque différent de ses prédécesseurs, mais qui démontre que Kristian Matsson a encore de beaux horizons à explorer.

‘Beginners’, ‘Little Nowhere Towns’

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