The Strokes – « Comedown Machine »

strokes180Album
(RCA)
25/03/2013
Pop rock

Un retour des Strokes en 2013, sans battage médiatique comme le connut il y a deux ans un « Angles » plus secoué par les remous internes que par son véritable contenu? Les new yorkais ont eu beau annoncer une suite à sortir très rapidement, on avait du mal à y croire. « Comedown Machine » est pourtant là, prêt à débouler dans les bacs, porté qu’il est par l’enthousiasme des fans dépourvus de toute objectivité, et par le plus grand scepticisme de tous les autres. Avouons qu’il y a de quoi: si le combo avait finalement opéré son comeback sans trop de dégâts il y a deux ans, les égos démesurés qui le peuplent pouvaient à tout moment, et au même titre que quelques choix artistiques douteux, faire de nouveau chavirer le navire.

Une chose est certaine: à l’image de « One Way Trigger », surprenant premier single chipant un clavier à A-Ha et transformant Julian Casablanca en castrat, ce nouvel album – censé annoncer un Strokes nouveau – va faire débat. Parce qu’il va falloir à sa meute entièrement dévouée d’abord reconnaitre puis apprécier les risques que le groupe, à défaut de toujours être de bon goût, a eu le mérite de prendre. En effet, à l’exception de quelques titres seulement posés là pour que le fan conserve ses repères (« 50 50 », « Partners In Crime »), « Comedown Machine » affiche un son toujours moins abrasif qui le fait prendre ses distances avec le rock d’antan (ici « All The Time »), pour mieux l’inviter à se frotter aux Phoenix et Two Door Cinema Club dont la réussite ne cesse de faire des envieux.

Du coup, ce nouvel album vire pop à outrance. Alors, au mieux les new yorkais déballent de belles et efficaces mélodies (« Tap Out », « Slow Animals »), au pire ils se noient dans des mièvreries qui – toute volonté d’innovation comprise – ne sont que remplissage (« Chances », « Call It Fate Call It Karma »). De quoi rappeler une nouvelle fois tout le poids du passé qu’ils traînent comme un boulet de valeur. Si « Comedown Machine » – plus guilleret et lumineux qu’aucun autre de leurs albums – en est encore loin, il a au moins le mérite de renouer – en apparence tout du moins – avec une cohésion qui avait depuis longtemps fui les Strokes.

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2 réponses à The Strokes – « Comedown Machine »

  1. josax 21 mars 2013 à 13 h 30 min #

    Il m’a pourtant semblé à la première écoute que slow animal était moins couillue que le reste, et qu’au contraire chances et call it fate étaient sacrément bien foutues. Et sinon All the time est la chanson la plus strokienne de l’album, les autres partent vraiment dans tous les sens, et j’ai trouvé ça bien. A voir si cette impression restera au fil des écoutes.

  2. Emmanuel 23 mars 2013 à 17 h 20 min #

    Je rejoins josax; par grand chose à retenir de cette chronique finalement…
    Après une semaine d’écoute intensive, et en tant que fan inconditionnel du groupe, je me suis fait un avis: c’est un très bon album. Pas le meilleur des Strokes certes, mais largement à la hauteur du reste de leur discographie.
    Les quelques morceaux 80’s au synthé, auxquels cet album est trop souvent réduit, tiennent la route. One Way Trigger, Chances, 80’s Comedown Machine, ça fait pas très Strokes mais ça marche.
    Cela dit, les morceaux les plus marquants sont ceux dans lesquels on retrouve un peu l’esprit d’origine du groupe. Tap Out, Welcome To Japan, 50 50 sont des sacrés coups de génie.
    Quelques fulgurances pop également, de haut niveau. Je pense à Slow Animals et Happy Endings.
    L’album est à peu près aussi diversifié que ne l’était déjà Angles, à ce détail près qu’il est plus « cohérent » que son prédécesseur comme c’est dit dans l’article.
    Quant à la voix de Casablancas ( et non Casablanca comme j’ai vu que vous l’écriviez sur différents articles), elle m’a vraiment convaincu. Là c’est un peu selon les goûts de chacun. Je regrette seulement qu’il n’ait pas plus joué du contraste entre sa voix naturelle et sa voix de tête.
    Seule faiblesse à mon sens, ce Call It Fate, Call It Karma de fin qui reprend complètement le style de Little Joy, groupe du batteur pendant la pause des Strokes. C’est bien le seul défaut que je trouve à ce disque

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