The Strokes – « Angles »

strok180Album
(RCA)
22/03/2011
Rock

La genèse avouée de « Angles » vient de la volonté de tous les membres des Strokes de reprendre les armes, de s’offrir quelques moments en studio pour pouvoir juger par eux-mêmes de la solidité du groupe, de leur capacité à composer ensemble, mais surtout à communiquer. Car c’est bien ce qui semble avant tout ronger le combo new yorkais. À commencer par Casablanca qui, trop occupé par sa tournée solo, n’a pas choisi de prendre part tout de suite aux retrouvailles. Seul de son côté, il a donc enregistré son chant sur des parties instrumentales composées par ses petits camarades, au capital confiance respectif logiquement renforcé par leurs différentes expériences solo. Voilà qui tombe bien, la rock star leur reprochant ouvertement de porter tout le poids du mythe sur ses propres épaules… C’est évident: l’unité qui régnait jadis au sein de ce groupe générationnel n’est donc plus, l’obligeant à de nouvelles méthodes de travail qui allaient – ou non – condamner cette facilité légendaire à accoucher d’hymnes imparables.

Ou non. Parce qu’en débutant l’album sur un “Macchu Pichu” tirant sensiblement vers le reggae – comme plus tard sur le périlleux « You’re So Right » – The Strokes non seulement rassurent, mais innovent. Suit alors “Under Cover Of Darkness”. Single entraînant et gonflé à bloc déjà révélé il y a plusieurs semaines, il est incontestablement de ces tubes que le groupe maîtrise à la perfection, et qu’on retrouve encore à plusieurs reprises en 2011, quand se succèdent « Taken For a Fool », « Gratisfaction » et son semblant d’unité offert par un refrain chanté en choeur, ou « Life Is Simple In The Moonlight » en guise de clôture mélancolique. Mais, les bases désormais retrouvées, « Angles » frappe aussi par sa diversité, partagée entre respiration dispensable (« Call Me Back », sorte de « Ask Me Anything » ressuscité), titres volontairement plus complexes (« Metabolism »), et productions eighties incarnées par « Two Kind of Happiness » sur lequel semble planer l’ombre de Bowie, ou encore par le froid mais néanmoins excellent « Games » ou batterie électronique et synthés tapent la discute.

Manifestement, « Angles » a donc tous les atouts pour ne pas décevoir. Pourtant, peut être parce que trop court, en manque de rage et d’énergie, il laisse comme un goût d’inachevé. A moins qu’il ne reflète tout simplement déjà les nombreuses difficultés auxquelles les Strokes devront faire face lors des prochains mois de tournée s’ils ne commencent pas par laver leur linge sale en famille, non dits et déclarations assassines ayant fait jusque-là beaucoup plus parler que ce nouvel album fermant une parenthèse de cinq années d’absence. Dans le cas contraire, les cinq, autrefois si faciles mais désormais comme vêtus de costards trop grands pour eux, confirmeraient malheureusement ce que les mauvaises langues s’amusent encore à répéter: que ce retour aux affaires serait finalement forcé, totalement dépourvu d’envie. Alors que se murmure déjà la probabilité d’un autre disque avant la fin de l’année, croisons plutôt les doigts pour que « Angles » se révèle au minimum être une étape nécessaire vers une unité retrouvée.

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itunes18

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