The Souljazz Orchestra – « Manifesto »

Manifesto[Album]
26/11/2008
(Do Right Music/La Baleine)

S’étant éloigné géographiquement de son berceau nigérian, l’afrobeat est en phase de devenir un genre gravant son influence aux quatre coins du monde (comme nous l’a admirablement montré la compil « We Love Afrobeat » du label Comet Records), à commencer par l’Amérique du Nord. Si les New-Yorkais d’Antibalas ont été de véritables pionniers en la matière, les canadiens du Souljazz Orchestra ont également fait beaucoup parler d’eux depuis la sortie en 2006 de leur deuxième « Freedom No Go Die« , acclamé par la critique et notamment par le célèbre Gilles Peterson, de l’émission Worldwide Radio Show sur BBC Radio 1. Le quintet originaire d’Ottawa livrait alors un cocktail sonore explosif qui ne semble pas avoir perdu un brin de sa vigueur avec l’arrivée de ce nouveau « Manifesto ». L’énergie inépuisable des Souljazz, et leur capacité à la communiquer via une ribambelle d’instruments, n’ont en effet pas manqué le rendez-vous de ce troisième opus. Funk, afro-jazz et soul sont convoqués avec habileté dans des morceaux aux titres corrosifs qui en disent long sur l’engagement politique du combo (« Kapital », « State Terrorism », « Interested Benevolence »), fidèle à la tradition de la dynastie Kuti. The Souljazz Orchestra a néanmoins su innover musicalement, proposant des titres aux formats largement plus concis que dans l’afrobeat traditionnel, sans pour autant lésiner sur la qualité instrumentale qui constitue l’élément central de cet opus. « Manifesto » regorge en effet de nappes d’orgue, de solos de sax incandescents ou de riffs de guitares et de claviers funky, qui nous enivrent et nous motivent toujours autant dans les titres « Parasite », « Kapital », « Grasshopper & Toad » ou « Amen ». Par ailleurs, « People, People » se révèle être un tube du même acabit que le fameux « Mista President » (compilé à de nombreuses reprises depuis la sortie de « Freedom No Go Die »), porté par la voix soulful du lead vocal, et les choeurs enjoués de ses acolytes. On ne pourra donc guère se passer de ce nouveau « manifeste » de l’afrobeat qui, mixant le genre à d’autres institutions de la black music, affiche une richesse musicale renouvelée, mais restant toujours aussi frénétique et tonifiante. Un oasis de chaleur sorti tout droit de l’environnement glacial canadien

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