The Souljazz Orchestra – « Freedom No Go Die »

Freedom No Go Die[Album]
29/08/2006
(Funk Manchu/Import)

Il paraît qu’on connaît l’hiver le plus doux depuis des décennies (moi perso, j’avais pas remarqué, mais bon, je suis pas météorologue non plus…). J’ai tout de même ma petite théorie sur les causes de ce réchauffement climatique inopiné. Ces dernières semaines, je n’ai pas arrêté d’écouter le second album de The Souljazz Orchestra (rien à voir avec le célèbre label londonien), et à coup sûr, ça a fini par avoir quelques répercussions sur la température ambiante

Il faut dire que ce « Freedom No Go Die » ressemble à une cocotte-minute sur le point d’exploser: ça fume de partout, ça gronde en dessous, et ça fait trembler les alentours. A moins que ça ne soit moi en train de danser dans mon appartement?

Quoiqu’il en soit, le quintette d’Ottawa a véritablement le groove dans le sang. La basse vous caresse les hanches, la batterie vous attrape les chevilles, et les cuivres vous montrent la chorégraphie. Un peu à l’instar des New Yorkais d’Antibalas, The Souljazz Orchestra emprunte au latin jazz, au funk, à la salsa et à la musique africaine (leur « Secousse Soukous » est même d’ailleurs un peu loin de nos bases musicales…) pour pimenter son afro beat chaud bouillant. Le résultat séduira donc autant les fans de Manu Dibango, de Ray Barretto, de Mulatu Astatke, des JB’s, de Don Cherry ou de Phaorah Sanders, dont ils reprennent ici « The Creator Has A Masterplan »

Malgré cet éventail d’influences, le groupe a l’intelligence de ne pas s’éparpiller et vise l’efficacité avant tout (les morceaux durent 5 minutes en moyenne, quand les standards du genre dépassent souvent le quart d’heure). Une concision fort bien venue qui devrait aider le groupe à dépasser le simple cercle d’initiés. Ecoutez par exemple Gilles Peterson qui n’arrête pas de louer sur toutes les ondes les qualités de ces Canadiens. Le célèbre Dj anglais a d’ailleurs retenu sur son site le « Mista President » de The Souljazz Orchestra comme l’un des meilleurs morceaux de 2006. Difficile de le contredire en entendant ce jeu de question/réponse entre le chant lead de Mighty Popo et les choeurs qui feraient remarcher un hémiplégique! Et on pourrait quasiment retourner le compliment à la totalité du tracklisting (même si, bon, « Secousse Soukouss »… Bref)

Vous vous souvenez du titre qu’a choisi Meï Teï Shô pour son récent dvd posthume: « Dance & Reflexion »? La formule pourrait servir de slogan à tout le mouvement afro beat, et assurément de fil conducteur à cet album puisque les titres des morceaux ne laissent pas beaucoup de doutes sur les revendications sociales et politiques du groupe (« Mista President », « The Blind Leading The Blind », « Insurrection », « Freedom No Go Die », « Little Habana »…), ce qui les inscrit d’office dans la grande lignée des fils spirituels du juste Fela

Si vous désirez en apprendre un peu plus sur le mouvement afro beat, souvent résumé au seul génie de Fela Kuti, nous ne saurions trop vous inciter à aller lire l’excellent dossier en deux parties de nos confrères de fonkadelica.com qui devrait vous donner des tas d’idées pour votre liste de Noël..

En écoute

1. Mista President     
(extrait)
2. The Blind Leading The Blind     
(extrait)
3. Insurrection     
(extrait)

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