The Shoes – « Crack My Bones »

shoes180Album
(Green United Music)
07/03/2011
Rock electro

Ce n’est pas la première fois qu’on se fait prendre. Pourtant, on continue de se méfier au plus haut point de ces nouvelles coqueluches défendues corps et âme par l’ensemble de cette presse musicale dont l’avis dépend surtout de la disponibilité des encarts publicitaires. Parce qu’on a vu The Shoes placardés partout, on a d’abord cru à de la poudre aux yeux. Comme si le duo pouvait aligner une dizaine de « People Movin ». Comme si, par on ne sait quel miracle, cette bonne vieille ville de Reims était capable de révéler tour à tour Yuksek, Brodinsky, The Bewitched Hands, et The Shoes, tous potes au demeurant… Non seulement elle l’est, mais elle trouve en ce « Crack My Bones » l’incarnation idéale d’un cru pétillant qui pousse ses effluves jusqu’à Londres, là ou il a été enregistré, et ou on s’arrache désormais ces deux touche-à-tout de géniteurs.

En effet, que ce soit sous la cape de producteurs pour le compte d’artistes bankables français ou internationaux, ou sous le patronyme de The Shoes, Guillaume Brière et Benjamin sont devenus de véritables pointures, capables de jongler avec influences pop et electro sans égratigner la cohérence d’un premier disque qu’on attendait, de ce fait, beaucoup plus éparpillé. Plus racoleur et opportuniste surtout. Et c’est bien la clé du succès de ce duo qui puise dans les mêmes fûts que de nombreux ainés, pour en retirer un goût frais et unique dont on s’abreuverait sans modération si on ne savait pas raison garder en saisissant comme prétextes les quelques creux de ce disque (« Wastin’ Time », « Bored »), indispensables cependant pour qu’il ne tourne jamais à l’écœurement.

Rien à faire pourtant, impossible de rester insensible aux tubes évidents de ce premier album dont on pardonne même les quelques fautes de jeunesse: « Stay The Same » qu’on croirait volé aux Klaxons avant qu’ils ne tentent d’apprivoiser le rock, « Cliché » au cours duquel Cocknbullkid rentre par effraction sur le territoire de Rihanna, et l’efficace « Time To Dance » pourtant condamné au court terme par sa pesante linéarité. Quelques trébuchements bien normaux, très vite oubliés dès que The Shoes se font accompagner par quelques invités de passage triés sur le volet, que ce soit Wave Machines sur un « Cover Your Eyes » au refrain imparable, ou The Bewitched Hands venus poser leurs mélodies définitivement reconnaissables sur les excellents « Crack My Bones » et « The Wolf Under The Moon », de loin les meilleurs titres de ce disque bien qu’ils soient aux antipodes. Mais le duo, à l’image du final « Investigator », sait aussi très bien faire seul. A l’aube des beaux jours, on ne touche pas encore le bout de « Crack My Bones » qui ne va pas tout de suite se lasser d’user nos semelles.

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Disponible sur
itunes39

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Une réponse à The Shoes – « Crack My Bones »

  1. Limma Recha 29 avril 2011 à 9 h 23 min #

    Amusante ta critique, je me suis moi même méfié de ce disque (pour les raisons que tu invoques) et j’ai aussi succombé. En revanche, là où nous divergeons, c’est dans le détail des \creux\. \Bored\ et \Wasting time\ comptent pour moi parmi les meilleurs moments, en revanche \Cracked my bones\ et \The Wolf Under The Moon\ sont pour mes oreilles, les morceaux les plus lisses et anodins de l’album. Il faut dire que la frénésie pour The Bewitched hands commence un peu à me gonfler, tant je trouve ce groupe (au son sympathique malgré pas plus) très largement surestimé, et ce pas uniquement par \l’ensemble de cette presse musicale dont l’avis dépend surtout de la disponibilité des encarts publicitaires\…… ;o)

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