The Roots – « Game Theory »

Game Theory[Album]
28/08/2006
(Def Jam/Universal)

Depuis leur excellent « Things Fall Apart », The Roots courent plus ou moins derrière la confirmation de cet opus devenu un des classiques du hip hop. La cause? Les albums plus récents, « Phrenology et « The Tipping Point », bien que de qualité, semblaient s’appliquer à ne plus jamais dissocier musique de qualité et potentiel commercial. Au risque parfois que le dernier nuise au premier. Comme beaucoup, on s’est évidemment régalé sur leurs titres de la trempe de « Break You Off », mais il faut le dire, le matraquage aura eu raison de notre enthousiasme. Quand The Roots, à l’apogée de leur productivité, balancent donc « Game Theory » dans les bacs, on parierait pas mal que la recette soit quasiment similaire

C’était sans compter sur l’intégrité et l’éternelle générosité du crew de Philadelphie. Cette fois, il semble lassé de faire de l’oeil aux radios, et a clairement tiré la carte de la cohérence d’un véritable album hip hop, ou chacun des morceaux apporte sa pierre indispensable à l’édifice. Une nouvelle fois impeccablement produit, « Game Theory », aux quelques featurings loin de faire office de vitrine, revêt pourtant un voile beaucoup plus sombre et froid (« In The Music ») que ses prédécesseurs. Un voile cependant loin d’être embarrassant puisque l’ambiance captive, et incite l’auditeur au flair aiguisé à porter plus d’attention sur la richesse des compositions et les subtilités d’arrangements. Sur les textes aussi, Black Thought ne s’étant pas montré si remonté et engagé depuis bien longtemps. Une rythmique solide qui groove, donc, un clavier discret mais inspiré, quelques choeurs féminins chaleureux évidemment plus soul que RnB (« Atonement » au sample emprunté à Radiohead), quelques banderilles dans le dos des politiciens, moins de guitares à outrance, moins de facilité en général, on a bien retrouvé le vrai The Roots. Une évidence quand on se penche sur les excellents « False Media », « Don’t Feel Right », « Take It There », « Clock With No Hands » (frôlant le « You Got Me »), ou sur les plus étonnants « Baby », « Long Time », et « Livin In a New World »

La signature des Roots chez le Def Jam de Jay Z, qu’ils accompagnèrent sur son « Unplugged » il y a quelques années, marque donc un léger et rassurant retour en arrière. N’en concluez pas pour autant que le crew n’avance et n’innove plus. C’est la toute sa force: redonner vie aux valeurs du hip hop tout en le passant au plumeau. A ses acteurs aussi, car avec le final « Can’t Stop This », il rend un vibrant hommage au défunt Jay Dee. Un Roots remonté à bloc en vaut bien deux, « Game Theory » s’écoutera sûrement bien plus longtemps que les précédents…

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