The Rapture – « In The Grace Of Your Love »

rapt180Album
(DFA)
02/09/2011
Mille-feuille musical

Contrairement à son père, en plein trick christique sur la pochette de « In The Grace Of Your Love », le frontman Luke Jenner refuse de surfer sur une seule vague à la fois. Il préfère en attaquer plusieurs de front, et faire voguer la planche Rapture entre rock (FM), pop, new wave, house et disco. Mais à force de vouloir trop en faire, The Rapture s’épuise et n’évite pas la gamelle. Par exemple avec l’horreur house-soul-pop « Come Back To Me » au mélange d’accordéon filtré et de bass music, comme un remix raté d’un morceau vide de sens. Également symptomatiques d’un cruel manque d’inspiration, les imitations de vocalistes célèbres: un Bono eunuque (« Sail Away ») côtoie un George Michael à la retraite (« Miss You »), un Freddy Mercury sans moustache (« Roller Coaster ») ou un Antony décidé à vendre son âme à un label (« How Deep Is Your Love? »). Parfois on y croit, et la fièvre d’un sax, dans la dernière minute de l’imparable « How Deep Is Your Love? », parvient à faire oublier le mauvais goût d’un tube bubblegum (« Children »), l’énergie du groupe (« Can You Find A Way? », « Blue Bird ») compense une production compressée à outrance et un mix des plus approximatifs, avec des changements de niveaux (notamment les synthés) plus qu’irritants. Mais les réjouissances sont de courte durée, et l’on a bien vite envie de laisser cet album prendre la poussière entre le dernier !!! (Chk Chk Chk) et « Heroes To Zeroes » du Beta Band, autres groupes amateurs de mille-feuilles musicaux souvent indigestes, desservis par un éclectisme qui frôle l’indécision. Le syncrétisme musical n’est pas pour demain. Tant mieux pour nos oreilles.

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Une réponse à The Rapture – « In The Grace Of Your Love »

  1. Limma Recha 8 septembre 2011 à 12 h 46 min #

    « Mille-feuille musical »…l’argumentaire est plutôt joli (certes peu élogieux) pour décrire ce qui aurait pu être une friandise et se transforme en gloubiboulga (pas sur d’avoir bon pour l’orthographe mais on se comprend…). Par ailleurs détruire la production de Philippe Zdar là où tout le monde l’adule, me semble être un acte courageux et salutaire au nom de la liberté d’expression. Bref ta critique m’a bien plus même si je n’arrive pas exactement aux mêmes conclusions. Passons la production, un peu à angle droit certes (je ne suis pas non plus un dingue de PZ), et allons à l’écriture des morceaux. Cet album m’a laissé un peu hésitant au début, en revanche au fur à mesure que j’avance les morceaux s’éclairent et je retrouve cette dynamique ressentie sur « Echoes », énergie, rythme, voix plaintive (et assez homogène désolé…) et 2, 3 morceaux superflus. Je me laisse donc porter comme je l’ai fait pour « Echoes », reste à savoir si mon adhésion passera l’épreuve du temps, ce qui est le cas pour « Echoes ».

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