The Psychotic Monks – ‘Private Meaning First’

The Psychotic Monks – ‘Private Meaning First’

Album / Vicious Circle / 29.03.2019
Arockalypse


Partir d’une feuille blanche, vider sa mémoire interne pour mieux se (re)découvrir à chaque fois, expérimenter sans laisser le formatage, ses influences ou autres considérations affecter la création. Tel est l’angle d’attaque choisi par The Psychotic Monks quand il est question de se pencher sur la composition d’un nouvel album dont le but est à la fois d’innover et de fuir à tout prix les qualifications faciles. Un itinéraire bis pris systématiquement, tout au long duquel garage, noise, psyché, post punk et stoner sont invités à prendre place dans un bolide sans véritable chauffeur, toujours à deux doigts de perdre le contrôle : une routine pour ces parisiens adeptes d’un rock révolté, répétitif et tendu, qui vous tourne autour, se rapproche progressivement pour ne plus vous laisser vous échapper.

Il y a deux ans, le groupe nous avait déjà pris au piège avec Silence Slowly and Madly Shines, un premier album autoproduit qui lui avait ouvert la voie de toutes les scènes, son lieu de prédilection dès qu’il s’agit de convaincre. Devenu fierté nationale depuis, il est de retour en ville avec Private Meaning First, une nouvelle salve qui façonne sa singularité en piochant elle aussi dans plusieurs décennies de rock’n’roll. Une démarche qui pourrait paraitre prétentieuse si The Psychotic Monks n’arrivaient pas si facilement à foutre un énorme bordel dans votre sensibilité et vos émotions. Première banderille plantée.

Bordé d’un concept qui le découpe en deux chapitres, et bien qu’il arrive encore que le groupe soit sage (Emotional Disease), Private Meaning First s’éloigne du rock garage pour mieux soigner les ambiances (Pale Dream, A Self Claimed Regress), laisser place à l’expérimentation distordue (A Coherent Appearance), à ces développements bruitistes à rallonge chers aux fins limiers de l’indie-krautrock tels Disappears (Isolation, Confusions), dont l’obstination mécanique et oppressante mène tout droit à un chaos évidemment plus maitrisé qu’il en a l’air (Closure), parfois poussé à la limite de l’audible (Minor Division). On cherche son souffle, on vacille.

Puis c’est l’estocade, une pièce maitresse en guise de conclusion. Le temps d’un gros quart d’heure, l’épilogue Every Sight incarne à elle seule tout ce qu’est le groupe aujourd’hui : un ovni dans le paysage rock français, un monument imprenable à l’heure ou beaucoup se contentent de ressasser la musique plutôt que de la faire avancer, à l’heure ou les rockeurs lisses et appliqués s’assoient tristement sur la création et leur orgueil pour répondre aux desiderata de Spotify. En 60 minutes découpées en 9 titres pour la plupart intemporels, The Psychotic Monks ont remis toutes les pendules à l’heure, ramené le rock à ses plus belles valeurs, gommé toute notion de frontière pour mieux foncer tête haute vers un avenir qui n’attend qu’eux pour écrire leur nom dans les livres d’histoire. On revit.

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ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
Isolation, A Coherent Appearance, Emotional Disease, Every Sight


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