The Prodigy – ‘The Day Is My Enemy’

Album / Cooking Vinyl / 27.03.2015
Big beat

De nos jours, les survivants du courant big beat si populaire à la fin des années 90 se comptent à peine sur les doigts d’une main de yakuza. En marge de Chemical Brothers réguliers et surprenants gravitent toujours, quand l’envie leur prend, Liam Howlett et ses partenaires. Depuis ‘The Fat of the Land’ absolument inégalable dans le genre, le trio affiche une discographie en dents de scie, alternant albums anecdotiques et mini coups d’éclat inattendus, à l’image de leur petit dernier ‘Invaders Must Die’ qui sonnait la résurrection avec son lot d’hymnes agités. Car, malgré les rides cachées derrière leurs tatouages, les anglais savent comment satisfaire à la fois les fans de la belle période et les jeunes qui n’étaient même pas nés à l’époque des trois premiers disques.

Si le rythme scénique imposé par The Prodigy reste impressionnant à l’heure ou le groupe fête ses 23 ans de carrière, on a pourtant du mal à déceler un quelconque signe de fatigue chez ces vétérans toujours aussi agressifs. Ici, ‘The Day Is My Enemy’ est un énième exemple de disque punk électro qui n’a plus rien à démontrer, sauf s’il s’adresse éventuellement à un public qui découvrirait seulement aujourd’hui que les deux genres peuvent faire l’objet d’une association efficace et relativement explosive. Ainsi, on pourrait paradoxalement qualifier le combo de paresseux tant on a le sentiment qu’il s’est enfermé à jamais dans un style intemporel mais limité, qu’il essaye en vain de trouver le big tune en combinant trois notes de synthés dance et des gimmicks fédérateurs, toujours le plus efficacement possible pour continuer à faire de l’oeil au booker de Wembley.

Les 15 titres de ce nouvel opus sont donc à double tranchant. Au bout de trois morceaux, certains le qualifieront d’inutile et déjà entendu. Les autres – dont nous faisons partie – salueront néanmoins en connaissance de cause cette déferlante d’énergie punk, drum’n bass et breakbeat qui porte encore dans son sac quelques arguments percutants. Au-delà de quelques essais mainstream au goût discutable (‘Destroy’, ‘Get Your Fight On’, ‘Invisible Sun’), les Anglais prennent toujours autant de plaisir à nous flageller avec les mêmes recettes, à l’image du bad boy ‘Nasty’, du convenu mais tubesque ‘Wild Frontier’, ou du nerveux ‘Wall of Death’. Enfin, et c’est suffisamment rare pour être souligné, The Prodigy convie ici Flux Pavilion sur la techno racée de ‘Rhythm Bomb’, puis Sleaford Mods qui s’empare solidement du breakbeat rebelle de ‘Ibiza’. Rien de transcendant, rien de nouveau, mais on y prend encore du plaisir!

‘The Day Is My Enemy’, ‘Ibiza’, ‘Wild Frontier’, ‘Wall Of Death’

À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire