The Poison Arrows – « Newfound Resolutions »

poison180Album
(File 13)
06/09/2010
Math rock

Avec d’anciens membres de Don Caballero et Atombombpocketknife dans ses rangs, The Poison Arrows est un pur produit de cette scène de Chicago qui se plait à rendre la musique plus cérébrale que la normale, en la confiant le plus souvent à des musiciens d’expérience et de talent. Arrivé au stade du deuxième album, seulement un peu plus d’un an après la sortie de « First Class And Forever », le trio a repris immédiatement le chemin de l’Electrical Audio Studio pour confier ces nouveaux morceaux à Greg Norman, associé du maitre des lieux Steve Albini. Il aura donc fallu peu de temps au combo pour remettre le couvert, chose qu’il a rapidement entrepris une fois l’osmose collective définitivement acquise. Logiquement, « Newfound Resolutions » l’emmène donc plus loin que le premier opus, et agrippe en certaines occasions quelques amis de passage, parmi lesquels Brian Case de 90 Day Men (« Interpretive Hunter », « Steely Justice ») ou Pall Jenkins de Black Heart Procession et Three Mile Pilot (« Unveiled In Sequence »). Mieux encore, il se permet quelques expérimentations remarquables, n’hésitant pas à conjuguer quatre basses et trois batteries sur certains morceaux, sans jamais qu’ils en deviennent inaudibles. Car, si ce n’est la parfaite maitrise de leurs instruments, c’est bien là l’illustration parfaite que ces trois rockeurs n’en sont pas à leurs premiers balbutiements: ce sombre et glacial « Newfound Resolutions » affiche constamment une juste mesure, une humilité pourrait on même dire, qui empêche son math rock de tomber dans la démonstration indigeste et prétentieuse. Certes, il y a bien un synthé parfois trop présent pour faire office de poil à gratter, mais ce nouvel album ne peut heureusement pas se résumer qu’à cela. Ce serait trop vite oublier le jeu de basse ultra inspiré de Patrick Morris, la rythmique indéboulonnable et totalement dénuée d’effets d’Adam Reach, et la complexité mélodique de Justin Sinkovich qui, peu à peu, dévoile un bouquet d’harmonies finalement indispensable à un album intense et parfois difficile va quand même jusqu’à dépasser les soixante-dix minutes. Il vaut mieux donc le savoir avant de s’y engouffrer tête baissée: on ne passe ni rapidement ni par hasard sur ce « Newfound Resolutions » qui demande un minimum de temps pour qu’on se l’approprie.

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