The New Raemon – « A Proposito De Garfunkel »

A Proposito De Garfunkel[Album]
21/04/2008
(BCore/Import)

Paradoxalement complexée et nombriliste, la scène rock française se contrefout comme il n’est pas permis de ce qui peut bien faire trembler sa voisine espagnole, plus occupée qu’elle est à courir après les éternelles références anglaises et américaines qui s’amusent insolemment à lui faire de l’ombre. Elle devrait pourtant autant s’inspirer que se méfier de ce qui se passe de l’autre côté des Pyrénées, là ou BCore et sa meute de rockeurs s’évertuent depuis des lustres à faire de la péninsule la nouvelle Terre Promise des sonneurs de six cordes.

Parmi eux, Ramon Rodriguez, intenable musicien qui partage son temps entre la très bonne pop de Madee, son label Cydonia Records, la troupe de danse La Intrusa dont il est musicien, et le groupe Ghouls n’Ghosts qu’il forme avec Santi et Victor Garcia, les deux têtes pensantes du studio Ultramarinos qui aura accouché la majorité des disques rock espagnols de ces dernières années. Un planning surchargé donc, au sein duquel il aura quand même trouvé le temps d’ajouter The New Raemon, son tout nouveau projet solo qu’il a voulu pour laisser libre cours à son inspiration, poser ses paroles hispanophones à la fois ironiques et mélancoliques, et pour lequel il se fait accompagner des batteur et bassiste de Standstill. Et une nouvelle fois ressort ce talent de mélodiste qu’il s’était déjà largement appliqué à démontrer par le passé, notamment au sein de Madee qu’il n’a jamais cessé d’illuminer. Alors, bien sûr, de France, il faudra faire preuve de bonne volonté pour finir par se pencher sur ce folk piano/guitare pas forcément original mais qui n’a rien à envier à pas mal de ses pères, chanté dans une langue peu habituelle dans ce genre, et qu’on ne comprend peut-être pas aussi facilement que notre plus familier Anglais. Seuls les plus courageux auront alors la chance de se délecter des brillants et intimes « Tu, Garfunkel », « Elena-na » et « A Proposito Del Asno », ainsi que de fins arrangements (les claquements de main en guise de rythmique sur « El Fin De La Resistencia » par exemple) qui arriveront peut-être enfin à déloger ces foutus Mecano que ces foutus professeurs d’espagnol s’évertuent depuis vingt ans à décortiquer face à des bambins désintéressés. Car finalement, avancer après l’écoute de ce disque que la culture espagnole s’arrête à « Porque Te Vas » reviendrait à résumer la nôtre à Gotainer..

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