The Mumlers – « Thickets & Stitches »

Thickets & Stitches[Album]
28/01/2008
(Galaxia/Differ Ant)

Du haut de « Thickets And Stitches », leur premier album, The Mumlers ont tout d’un groupe banal, jusqu’à ce qu’on prenne le temps de rentrer dans leur univers et d’y reconnaître ce qui fait sa particularité. Là, vous reconnaîtrez sans mal que le groupe californien ne se cantonne pas à cette pop qui fait d’abord surface, pour ensuite s’aventurer vers des ambiances cabaret, rock, blues ou même jazz, qui nous amènent à conclure sur une maturité évidente pour une première oeuvre. Du coup, les références pleuvent, de Lambchop à Calexico, en passant par Johnny Cash ou Bob Dylan, mais aucune d’elle ne parvient à survivre tout au long de ce tracklisting aussi aventureux que passionnant. Doté d’une production bric à brac qui lui donne un son très spontané, appuyée par quelques cuivres enregistrés comme s’ils étaient situés en fond de pièce, The Mumlers font mouche par des compositions chaleureuses, un chant en tout point remarquable, à la mélancolie franche et aux mélodies accrocheuses, offrant à chacune d’elle une présence justifiée au menu de ce « Thickets And Stitches ». L’ovni « Shake That Medication », titre soul comme échappé du catalogue Motown, en est certainement l’exemple le plus flagrant avec ses choeurs d’enfants et ses handclaps lui donnant des allures d’improvisation inspirée, ou chacun joue avec ce qui lui tombe sous la main pour seulement apporter sa contribution, tout comme un pouvoir émotionnel des plus palpables. Tout aussi intime, le reste de ce disque s’inscrit plutôt dans une veine folk, triste et chargée d’histoire (« Whale Song », « Hitched To The Sun », « The Hinge’s Lament »), celle qui privilégie l’intimité aux productions léchées (les splendides « Dice In a Drawer », « So Long » et « Red River Hustle »). Mais là encore, le mot plagiat n’a pas sa place dans le vocabulaire de The Mumlers qui n’hésitent jamais à enrichir leurs compositions d’instruments, aussi difficilement fréquentables dans la sphère pop que l’accordéon, le tuba, ou la guitare à résonateur (dobro). Ce sont pourtant eux, d’ordinaires bourratifs et rebutants, qui amènent avec eux toute la richesse, la force, et l’originalité de ce premier album des plus convaincants (« Untie My Knots »). The Mumlers peuvent ainsi prétendre emmener encore un peu plus loin une musique qui aura su longuement digérer ses influences passées. Idéale pour regarder passer le brouillard de la Bay Area..

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