The Mars Volta – « The Bedlam In Goliath »

The Bedlam In Goliath[Album]
28/01/2008
(Barclay/Universal)

Qui aurait pu se douter au début de ce siècle qu’At The Drive In, pourtant excellente formation punk/hardcore, allait donner naissance à un des groupes rock les plus complexes et inventifs de notre époque? Qu’on aime ou non la musique de The Mars Volta, personne ne pourra lui reprocher un manque d’originalité. Depuis son tout premier disque pourtant saupoudré d’accents pop, jusqu’aux plus récents, expérimentaux et produits par Omar Rodriguez lui-même, Mars Volta fait du Mars Volta, et il faudrait sûrement remonter jusqu’à Pink Floyd pour en trouver l’équivalent. « The Bedlam In Goliath » est donc le nouveau chapitre d’un véritable gourou du rock, logiquement attendu par tous les membres de sa secte enrichie au fil des ans

Une fois encore, il ne faudra pas aller chercher de couleurs dans la toile de fond de ce nouvel opus, dans ce fil rouge qui se doit d’être expliqué. « The Bedlam In Goliath » a évidemment une histoire, raccourcie ici (la bio officielle de ce disque atteint les six pages!): celle d’une vieille planche Oui-Ja offerte par Omar à Cedric sans qu’il sache qu’un Goliath à têtes multiples y sommeille et pousse chaque personne qui la touche dans le triangle tragique de l’amour, du désir et du meurtre. Son emprise sur le groupe est alors de plus en plus importante, poussant celui-ci à l’enterrer pour s’en libérer, puis à bénir les terres où repose le Devin via ces quelques titres, clés d’une nouvelle boite de Pandore. Du capillo-tracté qui a le mérite de donner une belle inspiration au combo, et qui garantit à ses fans les plus endurcis un Mars Volta encore bien habité

Eux se réjouissent, les autres froncent les sourcils. C’est devenu une habitude, The Mars Volta, affublé d’un excellent nouveau batteur, semble ne pas encore avoir atteint le fond de son imagination. « The Bedlam In Goliath », équilibré, plus fin, plus puissant, plus intense et menaçant, conjugue toutes les qualités de ses prédécesseurs, et sonne différemment en les décuplant. Pour les auditeurs avides de confort, le groupe en a fini avec ses morceaux à rallonge et revient à des formats un peu plus « conventionnels ». Tous les titres s’enchainant parfaitement pour finalement ne faire qu’un, on apprécie plus facilement la déflagration « Wax Simulacra » (où poussées de cuivres et roulements de batterie s’entremêlent), les multiples rebondissements de « Metatron », et les couches successives de « Goliath » et « Cavalettas » aux allures de bordels organisés. Mais, c’est surtout quand The Mars Volta lève le pied (« Ilyena », « Tourniquet Man », « Agadez ») et qu’il met de l’ordre dans ses idées (« Aberinkula », « Ouroborous », « Conjugal Burns ») que le brouillard se lève. Alors, on en savoure la substance, tout comme les effort d’arrangements et les subtilités de production (« Soothsayer »)

Mais The Mars Volta ne rentre pas pour autant dans le rang, et reste clairement parmi ces formations rock actuelles qui demandent un réel effort de l’auditeur. « The Bedlam In Goliath » ne réconciliera pas le groupe et ses détracteurs, loin de là. Et pour cause, ce n’était sans doute pas sa motivation en se lançant dans la composition de ce nouveau disque. Définitivement, Bixler et Rodriguez sont à la musique ce que Wassily Kandinsky est à la peinture. Du coup, si une toile ne vous inspire pas plus qu’un rayon de sandwiches triangles en station service, empruntez la prochaine bretelle de sortie..

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